Les sociétés cotées à la Bourse de Casablanca ont dégagé près de 29,6 milliards de dirhams de bénéfices au premier semestre 2026, en hausse de 12,9 % sur un an. Une progression qui masque toutefois de fortes disparités, puisque le secteur minier, et Managem en particulier, concentre l’essentiel de l’amélioration des résultats.
Selon l’analyse de BMCE Capital Global Research, les revenus agrégés des 72 sociétés ayant publié leurs comptes atteignent 189,6 milliards de dirhams à fin juin, soit une progression de 10,3 %. Les valeurs industrielles ont généré 124,8 milliards de dirhams de chiffre d’affaires, en hausse de 13,2 %, tandis que les primes acquises nettes des assurances ont augmenté de 21,4 % à 13,7 milliards. Les financières affichent une évolution plus modérée, avec un produit net bancaire en hausse de 1,6 % à 51,2 milliards. Sans les minières, la croissance des revenus du marché aurait été ramenée à 6 %.
La même concentration apparaît dans les performances opérationnelles. Le résultat d’exploitation agrégé progresse de 5,4 % à 56,6 milliards de dirhams. Les industries enregistrent une hausse de 14,8 % à 25,4 milliards, alors que le résultat brut d’exploitation des financières recule de 1,8 % à 29,6 milliards. Hors valeurs minières, le résultat d’exploitation de l’ensemble de la cote aurait diminué de 3 %.
Le secteur minier constitue le principal moteur de cette dynamique. Managem voit son résultat d’exploitation bondir de 568,5 %, tandis que celui de SMI progresse de 109,6 %, dans un environnement marqué par la hausse des cours des métaux précieux et de base. D’autres secteurs participent également à l’amélioration des performances, notamment les nouvelles technologies, dont le résultat d’exploitation augmente de 50,4 %, porté par M2M et HPS. CMGP profite pour sa part de la pluviométrie et d’un effet périmètre favorable, tandis que SGTM, Ciments du Maroc et Sonasid soutiennent les performances des matériaux de construction.
La progression des bénéfices reste encore plus dépendante des mines. Le résultat net part du groupe agrégé s’établit à 29,6 milliards de dirhams, contre 26,2 milliards un an auparavant. BMCE Capital Global Research relève que Managem contribue à elle seule à hauteur d’environ 3,4 milliards de dirhams à cette hausse. Sans le groupe minier, la capacité bénéficiaire du marché serait globalement stable sur un an.
Managem affiche ainsi un RNPG de près de 3,8 milliards de dirhams au premier semestre, contre 380 millions un an plus tôt. Cette progression bénéficie notamment de la montée en régime des mines de Tizert et de Boto ainsi que de l’évolution favorable des cours des métaux. Les bénéfices de Sonasid augmentent parallèlement de 72 % à 167 millions de dirhams et ceux de Marsa Maroc de 12,4 % à 869 millions. HPS repasse, de son côté, dans le vert avec un RNPG de 35 millions de dirhams, contre une perte de 47 millions à fin juin 2025.
Le secteur bancaire présente un profil différent. Malgré un recul de son résultat brut d’exploitation, son RNPG progresse de 6,7 % à 13,7 milliards de dirhams. Cette évolution intervient dans un contexte de baisse de 35 % du coût du risque, passé de 1,2 % à 0,7 %. Les assurances et le courtage affichent, pour leur part, une hausse plus limitée de leur capacité bénéficiaire, de 3,4 % à près de 1,2 milliard de dirhams.
Dans le détail, les mines apportent 3,6 milliards de dirhams à la croissance du RNPG agrégé. Les banques contribuent à hauteur de 835 millions de dirhams et l’hôtellerie et les loisirs à hauteur de 196 millions. À l’inverse, les télécoms pèsent négativement à hauteur de 1,65 milliard de dirhams, notamment en raison d’une base de comparaison marquée au premier semestre 2025 par le produit exceptionnel lié au litige entre Maroc Telecom et Wana Corporate. L’agroalimentaire et les boissons affichent également une contribution négative de 149 millions de dirhams.
Sur les 55 sociétés industrielles ayant communiqué leurs résultats, près de 35 enregistrent néanmoins une progression de leur RNPG. Pour son périmètre de 40 valeurs, représentant 87,5 % du bénéfice global et 91,1 % de la capitalisation boursière, BMCE Capital Global Research chiffre la capacité bénéficiaire du premier semestre à 25,9 milliards de dirhams. Ce niveau représente 51,8 % de ses prévisions annuelles, avant leur prochaine actualisation.


