Le Maroc figure parmi les destinations minières les plus attractives d’Afrique aux yeux d’Appian Capital Advisory. La société britannique de capital-investissement, spécialisée dans le financement de projets miniers, place le Royaume aux côtés de la Namibie et du Botswana parmi les marchés qu’elle privilégie sur le continent. Cette appréciation intervient alors que le groupe envisage de mobiliser près de 2 milliards de dollars pour des investissements africains au cours des deux prochaines années.
Michael Scherb, directeur général d’Appian, a exposé ces orientations dans un entretien accordé mardi 27 octobre à Reuters. Le fonds londonien prévoit de consacrer entre 5 et 7 milliards de dollars à de nouveaux investissements dans le monde sur une période de 12 à 24 mois. L’Afrique pourrait ainsi bénéficier d’une enveloppe importante, même si la répartition effective des capitaux dépendra des conditions offertes par les différents pays.
Le positionnement du Maroc ressort dans un contexte où les investisseurs miniers internationaux accordent une attention particulière à la stabilité des réglementations et à la visibilité de leurs engagements financiers. Appian considère le Royaume, la Namibie et le Botswana comme des juridictions de référence pour l’industrie minière africaine. Le groupe examine parallèlement des possibilités d’investissement au Ghana, en Côte d’Ivoire, en Mauritanie et au Sénégal.
Cette sélection intervient alors que plusieurs pays du continent ont engagé des réformes destinées à accroître les recettes publiques tirées de leurs ressources naturelles. Les modifications des législations minières, le relèvement des redevances et le renforcement des obligations de participation locale ont toutefois introduit de nouvelles incertitudes pour certains investisseurs étrangers.
Appian en a notamment fait l’expérience au Burkina Faso et en Tanzanie, où le groupe a cédé des participations dans des contextes politiques difficiles, marqués respectivement par un coup d’État et une crise électorale. La société compte actuellement trois investissements actifs en Afrique, après s’être retirée de trois autres projets.
Face à ces évolutions, une partie des capitaux miniers internationaux s’oriente vers l’Amérique latine. Appian y détient quatre participations, principalement au Brésil. Selon Michael Scherb, les pays latino-américains offrent généralement une plus grande continuité dans leurs régimes fiscaux et leurs procédures administratives, malgré les politiques de contrôle des ressources observées dans certains grands producteurs comme le Chili, le Pérou et le Mexique.
Le dirigeant estime que les changements réglementaires peuvent peser lourdement sur les décisions d’investissement. Les caractéristiques géologiques d’un gisement demeurent les mêmes, contrairement aux politiques publiques, susceptibles d’évoluer et de modifier les perspectives économiques d’un projet. Il rappelle également que le départ des investisseurs représente un coût pour les entreprises comme pour les États concernés, les financements pouvant être réorientés vers d’autres marchés.
Les ambitions d’Appian portent sur plusieurs matières premières, notamment l’or, le cuivre, le zinc, les terres rares et d’autres minerais stratégiques. Le cuivre occupe une place particulière dans les perspectives du fonds, qui anticipe des difficultés à augmenter la production mondiale au même rythme que la consommation.
Cette demande est notamment alimentée par l’électrification des économies, le développement de l’intelligence artificielle, la multiplication des centres de données et les investissements dans les infrastructures électriques.
Pour Michael Scherb, les pays africains disposent d’une marge de progression importante dans la captation des financements miniers internationaux. Une simplification des procédures d’autorisation et une meilleure prévisibilité des décisions publiques pourraient, selon lui, favoriser une hausse des investissements sur le continent.
Dans cette compétition pour attirer les capitaux, le Maroc bénéficie ainsi d’une appréciation favorable de la part d’Appian. Le groupe n’a toutefois annoncé aucun montant spécifiquement destiné au Royaume, ni identifié de projet marocain faisant l’objet d’un engagement financier.


