Les besoins de liquidité des banques marocaines continuent de progresser. Entre le 22 et le 28 octobre 2026, le déficit moyen du système bancaire a atteint 158,2 milliards de dirhams, enregistrant une aggravation de 4,74% sur une semaine. Cette évolution ressort de la dernière publication hebdomadaire de BMCE Capital Global Research, datée du 29 octobre, qui relève également une remontée des rendements obligataires sur les échéances longues.
Malgré cette accentuation du besoin de financement bancaire, les injections de Bank Al-Maghrib à travers ses avances à sept jours ont diminué de 1,2 milliard de dirhams sur la période étudiée, pour s’établir à 50,6 milliards. La Banque centrale prévoit toutefois de porter ses interventions à 53,04 milliards de dirhams pour la période allant du 29 octobre au 5 novembre, soit une augmentation de 2,48 milliards.
Les placements du Trésor sur le marché monétaire ont également reculé. Leur encours quotidien maximal s’est limité à 11,4 milliards de dirhams, contre 24,5 milliards une semaine auparavant. Le taux moyen pondéré des transactions interbancaires est, pour sa part, demeuré inchangé à 2,25%, tandis que l’indice monétaire MONIA s’est établi à 2,171% au 28 octobre.
Sur le marché des bons du Trésor, la dernière adjudication s’est soldée par une mobilisation de 2,5 milliards de dirhams, pour des soumissions totalisant 5,28 milliards. Le montant retenu représente ainsi 47% des offres présentées par les investisseurs.
Les opérations ont principalement concerné les titres à 26 semaines, qui ont concentré 1,7 milliard de dirhams, avec un taux limite de 2,28%. Les 800 millions de dirhams restants ont été levés sur la maturité de deux ans, à un taux limite de 2,6739%. Cette dernière échéance a enregistré un léger repli de son taux primaire, de 0,3 point de base.
Les investisseurs avaient également proposé 730 millions de dirhams sur les titres à dix ans, mais aucune offre n’a été retenue sur cette maturité. Les émissions à vingt ans n’ont, quant à elles, suscité aucune soumission.
Le marché secondaire a connu une évolution différente, marquée par une augmentation des rendements sur presque toute la courbe obligataire. Les tensions ont été particulièrement visibles sur les échéances longues, avec une hausse de 13,52 points de base pour les titres à trente ans, dont le rendement atteint désormais 4,57%.
Les obligations à vingt ans ont gagné 10,42 points de base, portant leur taux à 4,28%, tandis que les maturités à quinze et dix ans ont respectivement progressé de 8,20 et 5,21 points de base, à 4,09% et 3,68%.
Les échéances plus courtes ont également enregistré des mouvements haussiers, mais de moindre ampleur. Le rendement à cinq ans s’est établi à 3,10%, après une progression de 4,73 points de base. Les titres à 26 semaines ont gagné 2,44 points de base, à 2,26%, contre une augmentation de 1,36 point pour les échéances à treize semaines, à 2,18%.
Seule exception à cette orientation générale, la maturité de deux ans a vu son rendement reculer de 2,08 points de base, pour ressortir à 2,60%.
Sur le compartiment de la dette privée, plusieurs opérations figurent dans le relevé hebdomadaire. BMCI a procédé à une émission de certificats de dépôt d’une durée de douze mois, assortie d’un taux facial de 3,50%, avec une échéance fixée au 29 octobre 2027.
Hyper SA, relevant de LabelVie, apparaît également parmi les émetteurs de billets de trésorerie, avec une opération sur 61 jours rémunérée à 2,60% et arrivant à échéance le 30 décembre 2026. La Banque africaine de développement figure, de son côté, sur le marché obligataire avec une émission à sept ans, portant un taux facial de 2,23% et une échéance au 27 octobre 2033.
Pour les prochaines semaines, BMCE Capital Global Research anticipe le maintien d’une gestion prudente des émissions du Trésor. Les remboursements attendus en novembre devraient représenter environ 8 milliards de dirhams, contre près de 16 milliards en octobre.
Dans ce contexte, les analystes estiment que le Trésor pourrait continuer à privilégier les maturités courtes et intermédiaires, afin de maîtriser ses conditions de financement. Sur le marché secondaire, les pressions sur les rendements devraient rester principalement concentrées sur les échéances longues, les investisseurs institutionnels conservant une attitude réservée sur ce segment.


