Mutandis renoue avec une croissance soutenue après une année 2025 difficile. Le groupe industriel marocain a enregistré un chiffre d’affaires consolidé de 764 millions de dirhams au troisième trimestre 2026, en progression de 29 % sur un an. Cette accélération intervient après plusieurs mois marqués par des perturbations industrielles, des contraintes d’approvisionnement et une dégradation de certains indicateurs financiers.
L’exercice 2025 avait été particulièrement compliqué pour le groupe. Son chiffre d’affaires annuel avait reculé de 4 %, à 2,022 milliards de dirhams, tandis que son excédent brut d’exploitation avait diminué de 10 %, à 315 millions de dirhams. Les difficultés rencontrées dans certaines unités de production, notamment à Aïn Ifrane, ainsi que les tensions sur l’approvisionnement en sardines avaient affecté ses activités. La baisse du dollar avait également pesé sur les marges à l’exportation.
Les premiers mois de 2026 avaient montré des signes de reprise, sans amélioration généralisée de la rentabilité. Au premier semestre, l’excédent brut d’exploitation s’était établi à 153 millions de dirhams, contre 163 millions un an auparavant. La croissance des ventes ne s’était donc pas encore traduite par un redressement des résultats opérationnels.
Le troisième trimestre marque une accélération plus nette de l’activité. Après une hausse de 20 % au deuxième trimestre, les revenus ont progressé de 29 % entre juillet et septembre. Sur les neuf premiers mois de l’année, Mutandis totalise ainsi 1,725 milliard de dirhams de chiffre d’affaires, en augmentation de 16 % par rapport à la même période de 2025.
Le redressement de la branche des produits de la mer contribue largement à cette dynamique. Avec une meilleure disponibilité de la sardine, le groupe a augmenté de 27 % sa production de boîtes de conserve sur neuf mois. Le chiffre d’affaires lié à cette production a, quant à lui, progressé de 52 %.
À l’international, la marque Season bénéficie d’une demande particulièrement soutenue aux États-Unis. Ses revenus ont augmenté de 10 % depuis janvier, avec une accélération de 26 % au troisième trimestre. Les ventes réalisées sur les neuf premiers mois atteignent un niveau record pour la marque. Anny, présente sur les marchés africains et européens, affiche également une progression de 27 %.
L’activité hygiène confirme sa bonne orientation, avec 632 millions de dirhams de chiffre d’affaires à fin septembre, en hausse de 10 %. Le lancement de nouvelles gammes de produits en poudre et liquides, intervenu à la fin du premier trimestre, a soutenu les ventes. Sur les trois mois de juillet à septembre, cette branche enregistre une croissance de 22 % de ses revenus et de 19 % de ses volumes.
Dans les boissons, le retour à pleine cadence de l’usine d’Aïn Ifrane constitue un autre facteur de reprise. L’installation avait connu une interruption de production au premier trimestre 2025, avant de retrouver progressivement son fonctionnement normal. Les revenus de cette activité atteignent désormais 237 millions de dirhams sur neuf mois, soit une hausse de 23 %, accompagnée d’une augmentation de 30 % des volumes.
Le segment des boissons à base de fruits reste néanmoins en léger recul. Les conditions météorologiques, la pression promotionnelle exercée sur le marché des sodas et un arrêt de maintenance au troisième trimestre ont continué de pénaliser ses performances.
La situation financière du groupe appelle également à la nuance. À fin septembre, la dette nette bancaire s’élève à 949 millions de dirhams, contre 828 millions à fin décembre 2025. Cette augmentation de 121 millions de dirhams provient principalement, selon Mutandis, de la reconstitution de ses stocks aux États-Unis. Les investissements réalisés depuis le début de l’année atteignent, pour leur part, 81 millions de dirhams.
Fort de l’accélération enregistrée au troisième trimestre, Mutandis confirme ses prévisions pour l’ensemble de l’exercice 2026. Si les derniers chiffres témoignent d’une reprise commerciale après les difficultés de 2025, l’évolution de la rentabilité et de l’endettement restera déterminante pour apprécier l’ampleur du redressement.


