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CAN 2025 : le Sénégal risque-t-il de perdre son titre ?

CAN 2025 : le Sénégal risque-t-il de perdre son titre ?

L’hypothèse d’une Coupe d’Afrique des Nations 2025 sans vainqueur officiel, bien qu’elle puisse paraitre improbable de prime abord, est désormais de plus en plus évoquée en coulisses. Le Sénégal, tenant du titre, pourrait se voir priver de sa couronne, tandis que le Maroc serait entrain d’envisager de rejeter tout titre attribué. Ce scénario inédit renvoie à une situation juridique et sportive complexe, où règlements disciplinaires et principes de hiérarchie des normes s’entrelacent.

Les faits ayant conduit à cette impasse sont encore frais dans les esprits. Un match interrompu, le chaos, un retrait volontaire du terrain, des images de confusion, des supporters sénégalais qui ont tenté d’envahir la pelouse et surtout une plainte formelle déposée par la Fédération Royale Marocaine de Football auprès de la Confédération Africaine de Football (CAF). Au cœur de la démarche marocaine, l’article 82 du règlement de la CAF. Ce texte prévoit des sanctions sévères à l’encontre d’une équipe qui abandonne une rencontre sans motif valable. Le forfait, l’exclusion ou de lourdes amendes figurent parmi les mesures possibles.

La procédure suit pour l’heure son cours. Après l’analyse de la plainte en première instance, la Fédération marocaine pourrait, si elle s’estime lésée, faire appel devant la commission supérieure de la CAF. Cette dernière devra motiver sa décision, comme le prévoit le principe fondamental de la hiérarchie des normes. Si l’organe d’appel de la CAF confirme une décision jugée insatisfaisante par le Maroc, celui-ci pourrait alors porter l’affaire devant la FIFA.

Ce passage à l’échelon supérieur introduit deux autres textes au cœur du droit sportif international. L’article 6 du code disciplinaire de la FIFA concerne les comportements jugés contraires à l’éthique d’une équipe ou d’une fédération. L’article 16, lui, traite spécifiquement des troubles graves, des refus de jouer et des atteintes à l’image de l’instance. Ces deux articles peuvent être appliqués conjointement lorsque les faits sont avérés, ce qui renforcerait le poids d’une éventuelle sanction.

La menace d’une exclusion d’une prochaine compétition internationale, voire d’une disqualification de la Coupe du Monde 2026, plane sur les équipes mises en cause, si la FIFA estime que les infractions sont suffisamment graves. Mais au-delà de cette dimension juridique, c’est l’intégrité même de la CAN qui est en jeu.

Un titre retiré au Sénégal, un refus du Maroc de le récupérer, et voilà la compétition plongée dans un flou inédit. Un tel dénouement serait sans précédent dans l’histoire du football africain. Aucun tournoi majeur ne s’est achevé sans champion déclaré. Même lors d’éditions entachées par des polémiques ou des incidents, la CAF a toujours désigné un vainqueur, assumant la souveraineté de ses décisions.

Aujourd’hui, les scénarios sont multiples. Le Sénégal pourrait être sanctionné, ou non. Le Maroc pourrait être reconnu dans son bon droit, ou pas. Et même si la CAF tranche, encore faudra-t-il que les acteurs concernés acceptent sa décision. Dans l’éventualité d’un refus collectif ou d’un appel prolongé devant la FIFA, la CAN pourrait se retrouver dans une situation inédite; celle d’un titre sans détenteur.

À ce stade, tout reste suspendu aux conclusions des instances disciplinaires. La FIFA, en dernier recours, pourrait jouer un rôle décisif si elle est saisie. En attendant, l’Afrique du football retient son souffle. La CAN 2025, censée être une fête continentale, s’est transformée en casse-tête réglementaire.

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