Dakhla creuse l’écart dans la course à l’hydrogène vert

Dakhla présente le coût de production d’hydrogène vert le plus faible parmi quatre villes marocaines étudiées par une équipe de chercheurs. Avec 10,62 dollars le kilogramme, la ville devance nettement Tanger, où le coût atteint 15,63 dollars. L’écart approche ainsi 50 %.

Benguérir et El Jadida, également intégrées à cette comparaison, occupent des positions intermédiaires. Les différences constatées tiennent principalement aux ressources renouvelables disponibles sur chaque territoire. Dakhla bénéficie à la fois d’un potentiel solaire important et de conditions éoliennes favorables, avec une irradiation relativement régulière au fil de l’année.

Les chercheurs ont travaillé sur une installation entièrement autonome combinant panneaux photovoltaïques, éoliennes, batteries et électrolyseur alcalin. Le système, qui n’est pas raccordé au réseau électrique national, repose sur un électrolyseur d’une puissance de 20 kW.

Trois méthodes d’optimisation ont été utilisées pour confronter les différentes configurations. Les calculs devaient maintenir la probabilité de perte d’alimentation électrique sous 1 % et limiter à moins de 50 % la part de production renouvelable qui ne pourrait être utilisée.

L’étude montre également que la localisation n’est pas le seul facteur déterminant. Le taux d’actualisation retenu dans les modèles économiques joue fortement sur le prix final de l’hydrogène. Les performances, le coût, la capacité et la durée de vie des batteries figurent également parmi les paramètres les plus sensibles.

La comparaison environnementale fait ressortir un autre écart important. Avec le mix électrique marocain actuel, la production d’un kilogramme d’hydrogène générerait 41,12 kilogrammes de CO₂. Dans la configuration renouvelable autonome étudiée à Dakhla, ce niveau descend à 2,27 kilogrammes, soit une réduction de 94,4 %.

Ces résultats interviennent alors que le Maroc cherche à développer une filière nationale de l’hydrogène vert. Le Royaume importait encore près de 90 % de ses besoins énergétiques en 2022 et s’est engagé à réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 45,5 % à l’horizon 2030.

L’Offre Maroc constitue désormais le cadre prévu pour accompagner les investissements dans cette filière, notamment sur les questions foncières, administratives et de raccordement.

À l’échelle internationale, la production d’hydrogène reste très largement dépendante des énergies fossiles. La demande mondiale, passée de 62,4 millions de tonnes en 2010 à près de 100 millions en 2024, était encore satisfaite à plus de 99 % par des procédés fortement carbonés. Ces activités ont généré environ 980 millions de tonnes de CO₂ en 2024.

Les investissements annoncés dans l’hydrogène bas-carbone connaissent cependant une forte progression. Leur montant est passé de 90 milliards de dollars en 2020 à 680 milliards en 2024, tandis que le nombre de projets annoncés a été multiplié par huit.

Les coûts calculés pour Dakhla ne correspondent pas nécessairement à ceux obtenus dans d’autres recherches consacrées au Maroc. Selon les technologies, les sites et les hypothèses retenues, de précédents travaux ont abouti à des niveaux allant de 2,23 à 24,75 dollars le kilogramme.

Une précédente modélisation associant solaire, éolien et électrolyse PEM à Dakhla avait notamment obtenu 2,54 dollars le kilogramme. D’autres études avaient évalué le coût à 5,8 dollars pour une installation photovoltaïque autonome, entre 6,2 et 6,5 dollars pour le solaire au Maroc et entre 8 et 13 dollars pour l’éolien.

La nouvelle étude se distingue par la comparaison simultanée de quatre territoires, l’utilisation de trois algorithmes indépendants et l’intégration d’analyses environnementales, de sensibilité et d’incertitude. Ses résultats mettent surtout en évidence le poids du choix géographique dans l’économie des futurs projets marocains d’hydrogène vert.

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L'invité du Nouvelliste Maroc

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