Alors que le président de la Fédération espagnole de football, Rafael Lozano, vient publiquement d’affirmer que la finale du Mondial 2030 « va se jouer en Espagne », cette revendication relance le débat sur le choix de la ville hôte du match le plus attendu de la compétition. Mais derrière cette prise de position, la réalité des faits et des infrastructures donne une toute autre lecture; le Maroc s’impose, de plus en plus clairement, comme le candidat le plus solide et légitime pour accueillir la finale de la Coupe du Monde 2030.
Rafael Lozano, a pris tout le monde de court. Avant même les réunions officielles des commissions chargées de trancher sur le choix du stade de la finale du Mondial 2030, le dirigeant a affirmé que l’Espagne accueillerait la finale de la compétition. Une déclaration prématurée, d’autant que la FIFA n’a encore désigné aucun pays hôte pour ce match phare du tournoi organisé conjointement par l’Espagne, le Portugal et le Maroc.
Dans ses propos relayés par la presse, Lozano affirme que « la finale aura lieu en Espagne », sans préciser ni la ville ni le stade. Une sortie unilatérale qui intervient alors que certains acteurs espagnols tentent d’exploiter les incidents isolés survenus lors de la finale de la CAN entre le Maroc et le Sénégal, incidents pourtant provoqués par certains éléments de la sélection sénégalaise et une partie de ses supporters.
Lozano a présenté les faits de la CAN comme un prétexte, évoquant des « événements qui ont nui à l’image du football ». Une lecture jugée biaisée, alors même que ces incidents ne reflètent en rien la qualité de l’organisation marocaine pendant toute la compétition. Cette exploitation politique d’une « crise artificielle » intervient alors que le Maroc a démontré, tout au long de la CAN, un niveau d’organisation salué à l’international, notamment en matière de sécurité, de logistique et de qualité des infrastructures.
L’enthousiasme espagnol à annoncer la finale contraste avec les difficultés que traverse actuellement son football. Depuis plusieurs années, la Fédération espagnole est secouée par des scandales de gouvernance, des tensions internes et une montée inquiétante des actes racistes dans les stades. En octobre 2024, la FIFA avait même adressé une lettre d’avertissement officielle à la Fédération espagnole, laissant planer la menace d’un retrait partiel ou total de l’organisation du Mondial 2030 si la situation ne s’améliorait pas.
Les stades espagnols ont récemment été le théâtre de multiples incidents : jets de pierres contre la voiture du FC Barcelone, violences en tribunes, interruptions de matchs.
Les exemples d’échecs sécuritaires ne se limitent pas à l’Espagne. L’un des épisodes les plus marquants reste celui du finale de la Ligue des champions 2022 à Paris, entre Liverpool et le Real Madrid. Le chaos aux abords du Stade de France – faux billets, mouvements de foule, interventions massives des forces de l’ordre, retard de 40 minutes – a mis en lumière les limites d’organisations européennes pourtant expérimentées.
Lozano évoque un football « abîmé » par les incidents de la CAN, mais omet soigneusement de mentionner les multiples condamnations de la Liga pour faits racistes visant des joueurs, notamment Vinicius Junior, pris pour cible : en janvier 2026 par des supporters d’Albacete, en juin 2024 à Valence (condamnation de trois supporters à huit mois de prison), en mai dernier à Valladolid (cinq supporters condamnés à un an de prison), en 2023 lors de l’affaire de la poupée pendue portant son maillot (peines allant jusqu’à 22 mois).
Des affaires qui ont soulevé l’indignation mondiale, et la FIFA elle-même a condamné ouvertement ces dérives. À cela s’ajoute l’affaire qui a provoqué la chute de l’ancien président Luis Rubiales, condamné en février 2025 à une amende de 10 800 € pour agression sexuelle, après son baiser forcé sur la joueuse Jenni Hermoso lors du Mondial féminin 2023. L’affaire avait entraîné sa suspension puis sa démission, ternissant encore l’image d’un football espagnol en pleine turbulence.
À Madrid, le stade Santiago Bernabéu, récemment rénové, fait l’objet de critiques croissantes. Plusieurs médias espagnols ont rapporté des fuites d’eau survenues à l’intérieur de l’enceinte dès les premières pluies. Ces infiltrations ont affecté des zones entières destinées à accueillir du public et des loges haut de gamme. Le Real Madrid lui-même, selon plusieurs sources relayées par la presse ibérique, aurait exprimé des inquiétudes face aux défauts d’étanchéité constatés dès l’automne 2025, pointant du doigt l’exécution de certains chantiers.
Par ailleurs, la ville de Madrid a récemment été marquée par un grave accident ferroviaire qui a fait une cinquantaine de morts, relançant les interrogations sur la pression que ferait peser un événement de cette ampleur sur des infrastructures urbaines déjà limitées.
Face à cela, le Maroc avance des arguments bien plus solides. Le Royaume est actuellement en train de construire le plus grand stade au monde à Ben Slimane, un complexe ultramoderne conçu dès le départ pour répondre aux exigences techniques et sécuritaires de la FIFA. Cet équipement viendra s’ajouter à un réseau d’infrastructures sportives déjà renforcé à l’occasion de la Coupe d’Afrique des Nations 2025, pour laquelle le Maroc a démontré une capacité d’organisation unanimement saluée.
Malgré les incidents survenus lors de la finale, aucun manquement structurel ou organisationnel n’a été attribué aux autorités marocaines. Les faits relèvent de comportements individuels, en l’occurrence du retrait volontaire des joueurs sénégalais, qui a entraîné une interruption du match.
Sur un autre registre, le stade Prince Moulay Abdallah, mais aussi tous les autres stades marocains ayant accueilli les matchs de la CAN 2025, ont fait preuve d’une résilience exemplaires; malgré des conditions météorologiques difficiles, la pelouse a parfaitement tenu, sans flaques ni ralentissement du jeu. Aucun match n’a été décalé ou reporté à cause des intempéries survenues ces dernières semaines dans le Royaume. Ce point a été relevé par plusieurs observateurs, alors que de nombreux stades européens, y compris en Espagne, subissent des dégradations fréquentes liées à la pluie.
Au-delà des critères techniques, le Maroc bénéficie d’un positionnement géographique unique. Véritable pont entre l’Afrique, l’Europe et le monde arabe, le Royaume est idéalement situé pour incarner la portée mondiale d’une finale de Coupe du monde. L’Afrique, qui n’a accueilli qu’une seule finale de Mondial (en 2010 en Afrique du Sud), attend depuis seize ans une nouvelle occasion d’écrire l’histoire. Dans cette configuration inédite à trois pays, il semblerait logique, pour l’équilibre et la symbolique du tournoi, que le match le plus emblématique se joue enfin sur le sol africain.
Derrière les déclarations d’intention, la décision finale reviendra à la FIFA. Mais à la lumière des éléments factuels (qualité des infrastructures, capacité organisationnelle, sécurité, climat politique stable, et portée symbolique), le Maroc apparaît comme le choix le plus légitime et le plus tangible pour accueillir la finale du Mondial 2030.




