Le Maroc a figuré cette semaine parmi les destinations des cargaisons de gazole expédiées depuis Amsterdam-Rotterdam-Anvers, l’un des principaux centres européens de raffinage, de stockage et de négoce de produits pétroliers. Les données publiées jeudi par le cabinet néerlandais Insights Global ont fait apparaître le Royaume aux côtés de l’Irlande, de la Finlande, de la France, de la Pologne et du Royaume-Uni parmi les marchés ayant reçu du gazole depuis le hub ARA.
Cette présence marocaine est intervenue alors que les stocks de gazole et de diesel de la plateforme européenne sont restés relativement stables sur une semaine. Ils ont atteint 1,653 million de tonnes au 17 septembre 2026, contre 1,676 million une semaine auparavant. Le recul est resté limité à environ 1,4%.
Le niveau observé demeure toutefois sensiblement inférieur à celui enregistré un an plus tôt. Au 18 septembre 2025, les réserves de gazole et de diesel du hub atteignaient 2,155 millions de tonnes. En l’espace d’un an, elles ont ainsi diminué de plus de 500 000 tonnes.
Les expéditions vers le Maroc et les autres destinations ont eu lieu au cours d’une semaine durant laquelle aucune cargaison de gazole n’est entrée dans le centre ARA. Cette absence d’arrivages n’a cependant pas provoqué de diminution importante des stocks.
La situation pourrait évoluer rapidement. Selon Lars van Wageningen, d’Insights Global, huit cargaisons de gazole et de diesel étaient attendues avant la fin du mois. Leur déchargement devrait alimenter les réserves du hub après une période sans importations.
Les mouvements observés sur les autres produits pétroliers ont été plus prononcés. Le kérosène a enregistré l’une des plus fortes variations de la semaine. Ses stocks ont progressé de 19,6% pour atteindre 543 000 tonnes, contre 454 000 tonnes le 10 septembre.
Ce rebond est intervenu après que les réserves de carburéacteur avaient touché leur plus bas niveau depuis sept ans la semaine précédente. L’augmentation des arrivages, notamment depuis la raffinerie nigériane de Dangote, a participé à la reconstitution des stocks. Des cargaisons en provenance de Corée du Sud ont également rejoint le hub, tandis que des volumes ont été expédiés vers Chypre et le Royaume-Uni.
Malgré cette reprise hebdomadaire, les réserves de kérosène sont restées très éloignées de leur niveau de septembre 2025. Elles atteignaient alors 1,072 million de tonnes, soit presque deux fois le volume relevé cette semaine.
La demande intérieure de carburéacteur s’est parallèlement affaiblie. Insights Global a attribué cette évolution à plusieurs facteurs, dont le niveau élevé des tarifs de fret, les faibles niveaux d’eau qui ont limité les possibilités de transport sur le Rhin et le ralentissement du trafic aérien après la période estivale.
Le marché de l’essence a lui aussi connu une forte évolution. Les stocks ont augmenté de plus de 16% en une semaine, passant de 902 000 tonnes à 1,052 million de tonnes. Ils ont ainsi retrouvé leur niveau le plus élevé depuis la mi-juin.
Cette hausse a été alimentée par une intensification des opérations de mélange. Le hub a reçu de l’essence en provenance du Danemark, de France, d’Allemagne, de Lettonie, d’Espagne, de Suède et du Royaume-Uni. Dans le même temps, des cargaisons ont quitté la zone à destination notamment du Mozambique, de l’Arabie saoudite, des États-Unis et de marchés d’Afrique de l’Ouest.
Les réserves d’essence sont néanmoins demeurées inférieures à leur niveau de l’année précédente. Elles s’établissaient à 1,160 million de tonnes à la mi-septembre 2025.
Les stocks de naphta ont pour leur part progressé de 266 000 à 282 000 tonnes en une semaine. Les approvisionnements provenaient notamment de Bulgarie, de France, d’Italie, de Norvège, du Portugal, d’Espagne et du Royaume-Uni. Le Venezuela figurait parmi les destinations des cargaisons sortantes.
Le fioul lourd a suivi une trajectoire inverse. Ses réserves ont reculé de 1,6%, à 858 000 tonnes contre 872 000 tonnes une semaine auparavant, sous l’effet d’une augmentation des exportations. Des cargaisons ont notamment été dirigées vers les Caraïbes, la Méditerranée et l’Afrique de l’Ouest.
Pour le Maroc, les données de la semaine signalent donc principalement la poursuite des flux de gazole depuis le marché européen. Insights Global ne précise toutefois ni le nombre de cargaisons destinées au Royaume ni les volumes concernés.


