La Banque mondiale a approuvé un financement de 265 millions de dollars pour accompagner la construction d’une nouvelle station de transfert d’énergie par pompage dans le nord du Maroc. Le projet d’Ifahsa doit renforcer la capacité du Royaume à intégrer davantage d’énergies renouvelables dans son réseau électrique national.
Cette infrastructure fonctionnera comme une grande batterie hydraulique. Lorsque la production solaire et éolienne sera élevée, l’eau sera pompée vers un réservoir supérieur. Elle sera ensuite relâchée à travers des turbines pour produire de l’électricité lors des pics de demande. Ce mécanisme doit offrir au système électrique marocain une capacité de stockage flexible, indispensable pour stabiliser un réseau de plus en plus alimenté par des sources renouvelables.
La future installation d’Ifahsa affichera une capacité de 300 mégawatts. Selon la Banque mondiale, elle permettra d’intégrer au moins 1 gigawatt supplémentaire d’énergie solaire et éolienne dans le réseau national. Le projet devrait également contribuer à mobiliser environ 1 milliard de dollars d’investissements privés.
L’enjeu dépasse la seule construction d’une infrastructure énergétique. En remplaçant une partie de l’électricité actuellement produite à partir de combustibles fossiles, la STEP d’Ifahsa devrait éviter l’émission d’environ 1,7 million de tonnes de dioxyde de carbone par an. La Banque mondiale estime aussi que le projet permettra de substituer chaque année près de 3 térawattheures d’électricité d’origine fossile.
Le chantier devrait générer 820 emplois directs par an durant la phase de construction, avec des retombées supplémentaires attendues dans le secteur de l’énergie. Pour le Maroc, cette opération s’inscrit dans la continuité de sa stratégie de montée en puissance des renouvelables, tout en répondant à un besoin central, celui du stockage.
L’approbation de ce financement intervient dans un contexte particulier pour la Banque mondiale. Deux jours plus tôt, l’institution avait annoncé l’abandon de son objectif consistant à consacrer 45 pour cent de ses prêts à des projets présentant des bénéfices climatiques, sous la pression de l’administration Trump. Elle a toutefois indiqué vouloir renouveler son Plan d’action sur le changement climatique sans fixer d’objectif chiffré de prêts.
Le projet marocain apparaît ainsi comme un signal important. Même sans cible globale de financement climatique, la Banque mondiale continue de soutenir des projets liés à la transition énergétique lorsque les pays clients en expriment la demande. Dans ce cadre, le Maroc confirme sa place parmi les marchés capables de porter des infrastructures propres, bancables et structurantes pour la sécurité énergétique.
Avec la STEP d’Ifahsa, le Royaume avance sur l’un des défis majeurs des énergies renouvelables. Produire davantage d’électricité verte ne suffit pas. Il faut aussi pouvoir l’absorber, la stocker et la restituer au bon moment. C’est précisément le rôle que cette infrastructure doit jouer dans le réseau marocain.

