Le chantier du financement des startups franchit une nouvelle étape au Maroc avec la présélection de neuf sociétés de gestion chargées de structurer les futurs fonds dédiés à l’écosystème entrepreneurial. L’annonce a été faite en marge du GITEX Africa Morocco, dans un contexte où les autorités accélèrent la mise en œuvre de la stratégie Maroc Digital 2030.
Cette sélection s’inscrit dans un dispositif piloté par le Fonds Mohammed VI pour l’Investissement, en coordination avec le ministère de la Transition numérique et la Caisse de Dépôt et de Gestion. L’objectif est clair, faire émerger une véritable industrie du capital-risque capable d’accompagner des startups marocaines tournées vers l’international.
Au total, les fonds visés pourraient atteindre une taille cumulée de près de 2,5 milliards de dirhams. Ce montant agrège les contributions publiques ainsi que les financements que les sociétés de gestion devront lever auprès d’investisseurs privés, marocains et étrangers. La capacité à mobiliser ces capitaux constitue d’ailleurs l’un des principaux critères de sélection pour la suite du processus.
Le dispositif ambitionne de couvrir l’ensemble du cycle de vie des jeunes entreprises, depuis les phases amont jusqu’aux levées plus avancées. Les investissements cibleront plusieurs secteurs jugés stratégiques, allant de la fintech à la climatetech, en passant par l’agritech, l’edtech ou encore la healthtech.
La composition des acteurs retenus traduit une volonté d’ouverture. Sur les neuf entités présélectionnées, trois sont marocaines, cinq internationales et une repose sur un consortium mixte. Cette diversité vise à combiner expertise locale et savoir-faire international, dans un marché encore en structuration.
En amont, 47 candidatures avaient été examinées. Le processus a impliqué une analyse approfondie des dossiers et des auditions menées avec l’appui d’experts spécialisés, afin d’évaluer la capacité des candidats à structurer et piloter des fonds dans un environnement en développement.
Le montage s’appuie également sur un mécanisme de soutien inédit. Mis en œuvre par Tamwilcom, ce dispositif prévoit notamment une couverture partielle des premières pertes, un levier destiné à sécuriser les investisseurs et à accélérer la mobilisation des capitaux.
À travers cette initiative, les autorités entendent poser les bases d’un écosystème de capital-risque plus solide, capable de financer la croissance des startups locales et de les positionner sur des marchés internationaux.
