La dette extérieure du Maroc grimpe à 80,5 milliards de dollars en 2025

La dette extérieure du Maroc a atteint 80,5 milliards de dollars à fin 2025, contre 68,4 milliards en 2024, soit une progression annuelle de 17,8 %. D’après les données publiées dans le Rapport sur la dette internationale 2026 de la Banque mondiale, cette augmentation est nettement supérieure à celle enregistrée dans les pays à revenu faible et intermédiaire, où l’endettement extérieur a progressé de 5,5 %, pour s’établir à 9 400 milliards de dollars.

L’évolution de la dette marocaine sur une décennie montre également une hausse importante des engagements financiers envers les créanciers étrangers. Leur montant est passé de 44,8 milliards de dollars à 80,5 milliards. Sur ce total, 58,4 milliards correspondent à des emprunts publics ou bénéficiant d’une garantie de l’État. Les engagements contractés par le secteur privé sans garantie publique représentent 12 milliards de dollars, tandis que les dettes arrivant à échéance à court terme totalisent 10,1 milliards.

Malgré l’augmentation de cet encours, les indicateurs relatifs aux remboursements présentent une évolution différente. En 2025, la dette extérieure équivalait à 45 % du revenu national brut et à 102 % des recettes tirées des exportations, deux proportions en hausse par rapport à l’année précédente. En revanche, les sommes consacrées au remboursement du capital et au règlement des intérêts ont représenté une part moins importante des ressources nationales.

Le service de la dette s’est ainsi établi à 5 % du revenu national brut et à 12 % des recettes d’exportation. Pour ce dernier indicateur, la Banque mondiale fait état d’une diminution de 14,2 % sur un an. Cette évolution traduit une réduction du poids relatif des échéances financières par rapport aux revenus issus des ventes à l’étranger, sans signifier nécessairement que les montants effectivement remboursés ont diminué.

Les données disponibles ne permettent toutefois pas de déterminer précisément les facteurs responsables de l’augmentation de l’endettement marocain en 2025. Dans son analyse internationale, la Banque mondiale souligne que la dépréciation du dollar a contribué à accroître la valeur comptable des emprunts contractés dans d’autres monnaies lorsqu’ils sont exprimés en devise américaine. L’ampleur de cet effet sur les chiffres du Maroc n’est cependant pas détaillée dans les statistiques consacrées au Royaume.

La répartition des créanciers fait apparaître une place importante des organismes financiers internationaux. Sur les 58,4 milliards de dollars de dette publique extérieure et garantie, 28,7 milliards sont détenus par des institutions multilatérales. La Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) et la Banque africaine de développement concentrent ensemble 18,1 milliards de dollars de créances.

Les financements provenant des établissements et investisseurs privés atteignent, quant à eux, 20,5 milliards de dollars. Les créanciers bilatéraux, constitués de prêteurs publics étrangers, détiennent 9,2 milliards de dollars.

Les caractéristiques des nouveaux emprunts montrent des différences importantes entre ces catégories de bailleurs. Les financements publics et garantis contractés en 2025 auprès des créanciers officiels affichent un taux d’intérêt moyen de 1,9 %, avec des échéances de remboursement réparties sur 26 ans en moyenne.

Les ressources obtenues auprès des prêteurs privés présentent des modalités moins favorables. Leur coût moyen s’élève à 5,4 %, tandis que la durée moyenne de remboursement ne dépasse pas neuf ans. Ces écarts concernent aussi bien les taux appliqués que les délais accordés pour restituer les capitaux empruntés.

À l’échelle des économies en développement, l’année 2025 a également été marquée par une augmentation des opérations de financement sur les marchés obligataires internationaux. Les émissions de dette publique ont atteint 251 milliards de dollars, en progression de près de 35 %. Une partie des fonds mobilisés a notamment permis aux États concernés de rembourser ou de remplacer des emprunts arrivés à maturité.

L’accès retrouvé à ces marchés s’est néanmoins accompagné de taux élevés pour les économies les plus fragiles. Les pays pouvant bénéficier des financements de l’Association internationale de développement ont ainsi émis de nouvelles obligations assorties d’un taux d’intérêt moyen de 9,4 %, selon les chiffres de la Banque mondiale.

L'invité du Nouvelliste Maroc

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