La mine marocaine Boumadine voit sa valeur dépasser 3,5 milliards de dollars

Le projet Boumadine prend une nouvelle dimension au Maroc. Aya Gold & Silver a fortement relevé les perspectives économiques de ce gisement polymétallique, avec une valeur actuelle nette après impôts estimée à 3,537 milliards de dollars dans son scénario de base, soit plus du double de l’évaluation précédente.

La nouvelle étude économique préliminaire fait également ressortir un taux de rendement interne de 93% et une période de récupération du capital limitée à 0,7 an à compter du démarrage de la production. Dans l’hypothèse fondée sur les prix au comptant observés au 3 septembre 2026, la valeur actuelle nette atteint 5,5 milliards de dollars, avec un rendement interne de 128% et un retour sur investissement ramené à 0,5 an.

Cette amélioration repose sur plusieurs paramètres. Aya retient désormais des hypothèses de prix des métaux plus élevées, une meilleure rémunération des volumes produits et une durée d’exploitation portée de 11 à 14 ans. Le plan actualisé prévoit également davantage de tonnage traité grâce à une estimation élargie des ressources minérales.

Boumadine doit produire trois concentrés destinés à la commercialisation, issus du zinc, du plomb et de la pyrite. L’or et l’argent resteront toutefois les principaux contributeurs aux revenus du projet.

La société évalue désormais la payabilité de l’or à 82% et celle de l’argent à 85%. Ces taux progressent respectivement de 12% et de 8% par rapport à l’étude précédente. La payabilité moyenne de l’ensemble des métaux atteint environ 83% sur une base équivalent-or, contre 73% dans l’évaluation de 2025.

Aya conserve parallèlement un niveau d’investissement initial proche de ses précédentes estimations. Les dépenses nécessaires au lancement du projet sont évaluées à 463 millions de dollars. Le rapport entre la valeur actuelle nette et les investissements engagés grimpe ainsi à 7,6 fois, contre 3,3 fois auparavant.

Le scénario de référence repose sur un prix de l’or de 3 500 dollars l’once et de l’argent de 50 dollars l’once. Les hypothèses retenues s’établissent également à 1,37 dollar la livre pour le zinc et 0,90 dollar pour le plomb.

À titre de comparaison, le scénario reposant sur les cours au comptant utilise un prix de 4 472 dollars l’once pour l’or, 66,85 dollars pour l’argent, 1,77 dollar la livre pour le zinc et 0,85 dollar pour le plomb.

La nouvelle configuration du projet permet aussi d’augmenter les volumes prévus sur l’ensemble de la durée d’exploitation. La production d’argent devrait progresser d’environ 16% par rapport à l’étude de 2025, tandis que celle d’or demeurerait globalement stable. Le nombre total d’onces d’équivalent-or augmente pour sa part de 7%.

Aya prévoit une production moyenne d’environ 348 000 onces d’équivalent-or par an durant les cinq premières années. Le plan minier privilégie les matériaux présentant les teneurs les plus importantes au début de l’exploitation, avec une teneur moyenne de 4,11 grammes par tonne d’équivalent-or sur cette période.

Les matériaux moins riches seront stockés puis traités à partir de la onzième année. Cette organisation vise à concentrer les volumes à plus forte teneur dans les premières années de fonctionnement de la mine.

L’outil industriel envisagé reste celui présenté dans l’étude de 2025. L’usine de flottation comprendra des installations de concassage et de broyage, complétées par trois circuits permettant d’obtenir séparément les concentrés de zinc, de plomb et de pyrite.

La capacité prévue atteint 8 000 tonnes par jour, soit environ 2,9 millions de tonnes de minerai traité chaque année.

Les essais métallurgiques réalisés par SGS Lakefield entre 2018 et 2025 ont servi de base à cette nouvelle évaluation. Ils font ressortir des taux de récupération par flottation de 96,1% pour l’or, 96,4% pour l’argent, 74,7% pour le zinc et 82% pour le plomb.

Aya estime que ces performances confortent le recours à un procédé classique de flottation et la commercialisation directe des différents concentrés produits.

La pyrite présente un intérêt particulier dans ce dispositif en raison de sa teneur en or et en argent ainsi que de sa concentration élevée en soufre. Aya indique avoir déjà reçu plusieurs propositions portant sur l’achat futur des concentrés issus de Boumadine.

Ces offres préliminaires concernent le plomb, le zinc et la pyrite et conforteraient les niveaux de payabilité intégrés au modèle économique du projet.

Des essais complémentaires ont également été réalisés sur le concentré de pyrite afin d’évaluer le potentiel d’un traitement par grillage et lixiviation. Cette solution pourrait permettre une récupération supplémentaire des métaux précieux, même si une éventuelle unité de grillage ne fait pas partie du projet retenu dans l’étude actuelle.

Les essais menés en laboratoire ont permis d’atteindre des récupérations totales allant jusqu’à 79% pour l’or et 85% pour l’argent. Les niveaux moyens ressortent à 63% pour l’or et 80% pour l’argent.

La gestion des résidus a également été intégrée à la mise à jour. L’installation prévue doit pouvoir accueillir environ 24 millions de tonnes de résidus de flottation pendant les 14 années d’exploitation.

Selon Aya, cette infrastructure sera entièrement revêtue et confinée. Sa construction sera réalisée progressivement en aval conformément aux standards internationaux retenus pour le projet.

La nouvelle évaluation modifie ainsi sensiblement le profil de Boumadine. Avec une durée de vie rallongée, une meilleure rémunération des métaux, des volumes plus importants et un investissement initial pratiquement inchangé, Aya Gold & Silver présente désormais son projet marocain avec des perspectives financières très supérieures à celles établies un an auparavant.

spot_img

L'invité du Nouvelliste Maroc

spot_img