Le Maroc arrive en tête des pays africains les plus attractifs pour l’investissement industriel, selon le dernier Baromètre africain de l’investissement industriel. Le classement met en avant une industrialisation africaine en progression, mais encore concentrée autour d’un nombre limité d’économies.
Selon ce rapport, cinq pays captent près de 45 % de la valeur ajoutée manufacturière du continent. Le Maroc se distingue par l’indice d’attractivité industrielle le plus élevé, établi à 0,46, devant l’Égypte, le Nigéria, la Tanzanie, la Tunisie et l’Afrique du Sud.
Entre 2020 et 2025, le Royaume a attiré 152 projets Greenfield, dont 89 % correspondent à de nouveaux investissements. Cette performance repose sur une base industrielle diversifiée, portée notamment par l’automobile, l’aéronautique, les batteries et le textile. Le rapport met aussi en avant la cohérence de la politique industrielle marocaine, la qualité des infrastructures logistiques et le développement de zones industrielles intégrées.
Le Maroc bénéficie également de la montée en puissance des chaînes de valeur liées à la transition énergétique et à la mobilité électrique. Les investissements industriels se concentrent notamment dans les batteries, l’automobile, le textile et la chimie. Le Royaume reste toutefois confronté à des défis liés à sa dépendance technologique extérieure.
L’Égypte occupe la deuxième place du classement, avec 212 projets d’investissements directs étrangers. Le pays s’appuie sur un marché intérieur important, une base industrielle diversifiée et un positionnement stratégique autour du canal de Suez. Ses investissements concernent notamment l’agroalimentaire, la chimie, le raffinage, le textile et la cimenterie, mais les contraintes macroéconomiques et les besoins énergétiques demeurent des points de vigilance.
Le Nigéria et la Tanzanie affichent chacun un indice d’attractivité de 0,35. Le Nigéria dispose d’un marché intérieur massif et de ressources naturelles importantes, avec des projets dans les infrastructures et le raffinage. La Tanzanie, de son côté, bénéficie d’une dynamique portée par le gaz naturel et les infrastructures logistiques. Dans les deux cas, le potentiel reste freiné par des faiblesses structurelles, notamment l’insuffisance des infrastructures, l’instabilité énergétique et la dépendance aux ressources naturelles.
La Tunisie se distingue par un tissu industriel diversifié, soutenu par sa proximité avec l’Europe. Le pays est présent dans le textile, les composants automobiles, la chimie et les énergies renouvelables. Son attractivité reste cependant limitée par un contexte socio-politique fragile et par la concurrence régionale du Maroc et de l’Égypte.
L’Afrique du Sud, longtemps considérée comme la principale puissance industrielle du continent, reste dotée d’une base manufacturière sophistiquée. Son attractivité recule toutefois à 0,33, pénalisée notamment par les difficultés du secteur énergétique. Le pays conserve néanmoins des atouts technologiques et humains pour engager une transition vers une industrialisation plus durable.
Le rapport souligne que l’Afrique avance dans son industrialisation, mais à un rythme encore fragile. La valeur ajoutée manufacturière ne représente que 12,3 % du PIB continental. La concentration de l’activité industrielle dans quelques pays illustre la nécessité d’élargir la base productive, de renforcer les infrastructures, de stabiliser l’accès à l’énergie et d’améliorer le financement de l’industrie.
Pour les auteurs du baromètre, l’enjeu n’est plus seulement de définir des stratégies industrielles. Il s’agit désormais de les exécuter dans la durée, en orientant les investissements vers les secteurs à fort potentiel et en renforçant la transformation locale des ressources.

