Le Maroc crée 279 000 emplois rémunérés en un trimestre

Le marché du travail marocain a montré des signes d’amélioration au deuxième trimestre 2026, avec une hausse de l’emploi rémunéré et un recul du chômage strict. C’est en substance ce qu’indique la nouvelle Enquête sur la main-d’œuvre lancée en 2026. Le HCP a porté son échantillon annuel de 90 000 à 135 000 ménages et adopté les normes les plus récentes de l’Organisation internationale du travail.

Ainsi, le nombre de personnes occupant un emploi contre revenu a atteint 10,643 millions entre avril et juin. Cela représente 279 000 postes supplémentaires par rapport au premier trimestre, soit une progression de 2,7%.

Les villes ont concentré l’essentiel de cette hausse avec 187 000 emplois supplémentaires, contre 92 000 dans les zones rurales. Le taux d’emploi rémunéré s’est établi à 38,2% au niveau national, après 37,3% au trimestre précédent.

Les services restent le principal moteur du marché du travail. Ils emploient 5,251 millions de personnes et représentent 49,3% de l’emploi rémunéré. Le secteur a créé 166 000 postes en un trimestre.

L’industrie a gagné 47 000 emplois, les bâtiments et travaux publics 42 000 et l’agriculture, la sylviculture et la pêche 28 000.

Dans le même temps, le nombre de chômeurs au sens strict a reculé de 132 000 personnes pour s’établir à 1,121 million. Le taux de chômage strict est ainsi revenu de 10,8% à 9,5% entre le premier et le deuxième trimestre.

La baisse a concerné les milieux urbain et rural. Le taux est passé de 13,5% à 11,9% dans les villes et de 6,1% à 5,4% dans les campagnes.

Cette amélioration ne gomme pas les écarts persistants entre les différentes catégories de la population. Le chômage strict touche 14,8% des femmes, contre 8,1% des hommes.

La situation reste plus difficile encore pour les jeunes. Parmi les 15 à 24 ans, le taux atteint 27,2%, malgré une baisse de deux points en un trimestre. Il se situe à 14,5% chez les 25 à 34 ans.

Les diplômés restent également fortement exposés. Le chômage strict atteint 16,7% chez les titulaires d’un diplôme avancé et 16% parmi ceux qui possèdent un diplôme intermédiaire. Il tombe à 3,8% chez les personnes sans diplôme.

Le HCP introduit aussi une lecture plus large des difficultés du marché du travail. En intégrant le chômage strict, le sous-emploi lié au temps de travail et la main-d’œuvre potentielle, le taux composite de sous-utilisation atteint 18,9%.

Cet indicateur s’élevait encore à 22,5% au premier trimestre. Il reste néanmoins très élevé chez les jeunes de 15 à 24 ans, avec 41,7%, et chez les femmes, avec 26,7%.

Au total, 527 000 personnes occupées souhaitent travailler davantage et disposent de moins de 48 heures d’activité par semaine. La main-d’œuvre potentielle regroupe de son côté 711 000 personnes qui ne répondent pas à tous les critères du chômage strict mais restent proches du marché du travail.

La participation féminine demeure l’une des principales faiblesses structurelles. Les femmes ne représentent que 21,5% de la main-d’œuvre et leur taux de participation atteint seulement 18,1%, contre 66,5% pour les hommes.

Le taux d’emploi rémunéré des femmes ne dépasse pas 15,4%, loin des 61,1% enregistrés chez les hommes. Malgré une légère progression au cours du trimestre, l’écart reste considérable.

Les disparités régionales sont également marquées. Dakhla-Oued Ed-Dahab affiche le taux de participation le plus élevé, à 59,2%, devant Tanger-Tétouan-Al Hoceima et Casablanca-Settat.

Le taux combinant chômage strict et main-d’œuvre potentielle atteint en revanche 26,2% à Laâyoune-Sakia El Hamra, 24,9% à Guelmim-Oued Noun et 20,1% dans l’Oriental. Dakhla-Oued Ed-Dahab présente le niveau le plus faible, à 7,1%.

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