Le Maroc s’apprête à recevoir début mars une cargaison de 32 000 tonnes de sorgho en provenance du Brésil, selon l’agence maritime Cargonave. Cette expédition intervient dans un contexte international marqué par des tensions commerciales et une offre mondiale sous pression.
Le sorgho est une céréale cultivée dans les régions chaudes et sèches. Résistante à la sécheresse, elle est utilisée principalement dans l’alimentation animale, mais aussi pour la production d’éthanol et, dans certains pays, pour la consommation humaine. Son intérêt réside dans sa capacité à pousser là où d’autres cultures peinent à se développer, ce qui en fait une ressource stratégique pour les filières agricoles.
L’arrivée de cette cargaison au Maroc coïncide avec une période de disponibilité limitée au Brésil. Les exportations brésiliennes devraient rester contenues au premier semestre 2026 en raison d’une offre restreinte. Les négociants sont confrontés à une forte concurrence des fabricants d’aliments pour bétail et des producteurs d’éthanol, qui se disputent les volumes disponibles.
Les expéditions devraient s’intensifier à partir de juillet, avec le lancement de la récolte de la seconde culture. Le Brésil table sur une production de 6,7 millions de tonnes de sorgho pour la campagne 2025-2026, soit une hausse proche de 10 pour cent par rapport à la saison précédente, selon les données officielles.
La Chine, premier importateur mondial de sorgho, a autorisé en novembre dix entreprises brésiliennes à exporter cette céréale, dans un contexte de différends commerciaux persistants avec les États-Unis. En janvier, le Brésil a expédié environ 25 tonnes vers la Chine, une première depuis 2014.
Dans cet environnement tendu, le Maroc figure ainsi parmi les premiers débouchés significatifs pour le sorgho brésilien en ce début d’année, avec une cargaison qui témoigne de la recomposition en cours des flux agricoles mondiaux.
