Le Portugal et le Maroc étudient une liaison électrique après la panne ibérique

Le Portugal examine avec le Maroc la possibilité de mettre en place une interconnexion électrique destinée à renforcer la solidité de son réseau. Le projet intervient après la grande panne qui a touché l’Espagne et le Portugal en avril 2025, révélant la fragilité des connexions de la péninsule Ibérique avec le reste du réseau européen.

La ministre portugaise de l’Environnement et de l’Énergie, Maria da Graça Carvalho, a indiqué lundi que cette option serait abordée avec son homologue marocaine, Leila Benali, lors d’une rencontre prévue à Lisbonne dans les prochains jours. Elle a précisé que le projet devrait d’abord faire l’objet d’une analyse coûts-avantages.

Une connexion avec le Maroc permettrait au Portugal de diversifier ses liaisons transfrontalières. Le pays reste aujourd’hui dépendant de son interconnexion avec l’Espagne. En cas de nouvelle défaillance du réseau, une source d’approvisionnement supplémentaire pourrait contribuer à limiter les perturbations.

La panne d’avril 2025 avait relancé le débat sur l’isolement énergétique de la péninsule Ibérique. Des analystes estiment que des capacités d’échange plus importantes avec d’autres pays auraient pu réduire l’ampleur de la coupure, notamment grâce à des importations électriques plus rapides.

Maria da Graça Carvalho n’a pas détaillé le tracé envisagé pour une éventuelle liaison avec le Maroc. Le projet pourrait nécessiter un câble sous-marin ou s’appuyer sur des infrastructures passant par l’Espagne, mais aucune option n’a été confirmée à ce stade.

La péninsule Ibérique ne dispose actuellement que d’un niveau d’interconnexion limité avec ses voisins européens. Cette capacité représente environ 3 pour cent de la capacité électrique installée, loin de l’objectif de 15 pour cent fixé par l’Union européenne à l’horizon 2030.

L’Espagne et la France sont déjà reliées par quatre interconnexions à travers les Pyrénées. Une cinquième liaison, sous-marine cette fois, doit passer par le golfe de Gascogne et entrer en service en 2028. Elle devrait porter la capacité d’échange entre les deux pays à 5 gigawatts, contre près de 2,8 gigawatts aujourd’hui.

Deux autres interconnexions pyrénéennes sont également prévues. À terme, elles pourraient porter la capacité d’échange entre l’Espagne et la France à environ 8 gigawatts. Dans ce contexte, l’option marocaine apparaît comme une piste supplémentaire pour renforcer la sécurité énergétique portugaise.

L'invité du Nouvelliste Maroc

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