Accueil Maroc Les routes migratoires se déplacent du Maroc vers d’autres pays

Les routes migratoires se déplacent du Maroc vers d’autres pays

Les flux migratoires changent de trajectoire en 2025, entraînant une baisse des interceptions au Maroc malgré une pression toujours forte.

Le nombre de tentatives d’immigration irrégulière déjouées au Maroc a reculé en 2025, signe d’un déplacement progressif des routes migratoires plutôt que d’un affaiblissement des flux. Selon le ministère de l’Intérieur, 73 640 tentatives ont été interceptées, soit une baisse de 6,4 % par rapport à l’année précédente.

Dans le même temps, les autorités ont poursuivi leurs opérations contre les filières de passage, avec plus de 300 réseaux de trafic démantelés au cours de l’année. Cette activité s’inscrit dans un contexte régional marqué par des facteurs persistants de départ, notamment l’instabilité au Sahel, le chômage et les effets du changement climatique sur les zones agricoles.

Le Maroc demeure un point de passage pour les migrants africains en direction de l’Europe. Les itinéraires empruntent aussi bien les voies maritimes, en Méditerranée et sur l’Atlantique, que les accès terrestres vers les enclaves de Ceuta et Melilla.

Depuis 2022, la coopération entre Rabat et Madrid s’est renforcée après la normalisation des relations diplomatiques. Ce resserrement des contrôles a contribué à modifier les parcours empruntés par les migrants, qui se tournent davantage vers d’autres points de départ en Algérie notamment, mais aussi en Afrique de l’Ouest et dans certaines zones du sud de la Méditerranée.

Un responsable en charge de la migration et de la surveillance des frontières estime que la diminution des interceptions traduit une réduction progressive des flux irréguliers sur l’axe marocain. Il évoque un tarissement graduel de cette route, au profit de nouvelles trajectoires.

En parallèle, les opérations de sauvetage en mer se poursuivent. En 2025, 13 595 migrants ont été secourus par les autorités marocaines. Par ailleurs, 4 372 personnes en situation irrégulière ont bénéficié de programmes de retour volontaire vers leur pays d’origine.

Les autorités mettent en avant une gestion qui associe contrôle des frontières et accompagnement humanitaire, dans un contexte où les dynamiques migratoires continuent d’évoluer sous l’effet des tensions régionales.

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