Le Maroc s’impose comme l’un des partenaires clés sollicités par l’Inde pour sécuriser ses approvisionnements en engrais à l’approche de la saison agricole estivale. Selon des sources gouvernementales et industrielles, New Delhi a engagé des discussions avec Rabat, mais aussi avec la Russie et la Biélorussie, dans un contexte de fortes tensions sur le marché mondial.
Premier importateur mondial d’engrais, l’Inde cherche à réduire sa dépendance à certaines zones devenues incertaines. Le choix du Maroc s’inscrit dans cette stratégie, le Royaume occupant une place majeure dans la production et l’exportation de phosphates, indispensables à la fabrication du phosphate diammonique largement utilisé par les agriculteurs indiens.
L’agriculture, pilier de l’économie indienne, repose en grande partie sur ces importations. Le pays achète notamment de l’urée, du DAP et de la potasse, ainsi que du gaz naturel liquéfié nécessaire à la production d’engrais azotés. Jusqu’ici, le Moyen-Orient assurait une part importante de ces flux, mais les tensions régionales fragilisent cet équilibre.
Dans ce contexte, le Maroc apparaît comme une alternative stable et stratégique. Les autorités indiennes misent sur ce partenariat pour sécuriser leurs besoins à court terme, alors que la demande doit fortement augmenter dès le début de l’été avec les semis de cultures essentielles comme le riz, le maïs ou le coton.
Les stocks actuels offrent une marge de manœuvre. Les réserves d’urée ont progressé de plus de 10 pour cent sur un an, tandis que celles de DAP ont plus que doublé. Mais cette avance reste fragile face à la hausse attendue de la consommation et aux incertitudes qui pèsent sur les marchés internationaux.
Les cargaisons se multiplient déjà entre mars et mai afin d’anticiper le pic de la demande. L’objectif reste clair pour New Delhi, éviter toute pénurie au moment crucial du calendrier agricole.
La situation mondiale complique néanmoins les équilibres. Les restrictions à l’exportation décidées par la Chine réduisent les volumes disponibles, tandis que les tensions au Moyen-Orient perturbent également l’approvisionnement en gaz, matière première essentielle à la production d’urée.
Face à ces contraintes, l’Inde élargit ses options. Des discussions sont également envisagées avec l’Indonésie, même si les volumes potentiels restent limités en raison du contrôle exercé par les autorités locales.
La pression se ressent déjà sur les prix. Sur le marché international, la tonne d’urée, qui se négociait sous les 425 dollars avant les récentes tensions, dépasse désormais les 600 dollars, illustrant un resserrement rapide de l’offre.
