Après une année 2025 marquée par l’exécution et la livraison de plusieurs projets majeurs, SGTM aborde 2026 dans une configuration différente. Le groupe marocain de construction et d’ingénierie consacre le premier semestre au lancement d’une nouvelle génération de chantiers, avec un carnet de commandes qui lui assure une visibilité importante sur les prochaines périodes.
À fin juin, ce portefeuille atteint 34,8 milliards de dirhams. Sa composition témoigne de la diversité des donneurs d’ordre de SGTM. Le graphique publié par le groupe montre que le secteur semi-public représente 70,9 % des commandes, devant le secteur public avec 26,8 % et le privé avec 2,3 %. La part des marchés publics a ainsi progressé depuis fin 2025.
Cette réserve d’activité intervient alors que plusieurs nouveaux projets entrent progressivement en phase d’exécution. Le nouveau Terminal Hub de l’aéroport Mohammed V de Casablanca figure parmi les chantiers concernés. Les premières étapes, consacrées notamment aux études et aux installations, génèrent encore un volume de production limité avant la montée en cadence attendue des travaux.
Le renouvellement de l’activité est également visible dans les infrastructures hydrauliques. Après la livraison en 2025 des barrages Sidi Abbou et Aït Ziat, SGTM travaille au démarrage de nouveaux projets, dont le barrage Bou Ahmed. Dans les travaux maritimes et fluviaux, le semestre a été soutenu par l’avancement des projets de Dakhla Atlantique, Nador West Med et du port passager Tanger Med.
Cette diversification constitue l’un des piliers du modèle du groupe. SGTM intervient dans les infrastructures de transport, les ouvrages hydrauliques, les bâtiments, les travaux maritimes, les mines et l’énergie. Cette présence sur plusieurs métiers lui permet de répartir son activité entre différents segments et d’accompagner plusieurs grands programmes d’investissement au Maroc.
Le premier semestre porte néanmoins les effets de cette période de transition. Le chiffre d’affaires consolidé ressort à 6,6 milliards de dirhams, en baisse de 7,2 % par rapport aux 7,12 milliards enregistrés un an auparavant. Sur le seul deuxième trimestre, il atteint 3,58 milliards de dirhams, contre 4,17 milliards au T2 2025.
SGTM relie cette évolution au cycle de ses grands projets. L’exercice 2025 avait bénéficié d’un rythme d’exécution élevé et de la livraison de plusieurs chantiers, notamment les projets de l’UM6P dans l’éducation et les stades de Rabat dans les infrastructures sportives. Le premier semestre 2026 correspond, à l’inverse, au démarrage de nouveaux contrats dont la contribution doit augmenter avec l’avancement des travaux.
Le groupe mobilise déjà les moyens nécessaires à cette nouvelle séquence. Ses investissements ont atteint 377 millions de dirhams au premier semestre, en progression de 47,3 % sur un an. L’effort s’est particulièrement intensifié au deuxième trimestre, avec 247 millions de dirhams engagés, soit 68,3 % de plus qu’à la même période de 2025.
Cette mobilisation se retrouve dans la structure financière. L’endettement net s’établit à 2,4 milliards de dirhams à fin juin, contre 156 millions à fin décembre 2025. SGTM explique cette évolution par les besoins importants en ressources lors des phases d’installation et de démarrage des chantiers, avant la progression de la production et des encaissements correspondants.
Le semestre apparaît ainsi comme une période de passage entre deux cycles. Derrière le recul ponctuel du chiffre d’affaires, SGTM engage des moyens plus importants et renouvelle progressivement son portefeuille de projets. Avec 34,8 milliards de dirhams de commandes et plusieurs infrastructures majeures en cours de démarrage ou de montée en puissance, le groupe dispose d’un socle d’activité conséquent pour les prochaines périodes.


