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Starlink au Sénégal, une réponse controversée à un retard numérique

Starlink au Sénégal, une réponse controversée à un retard numérique

Le Sénégal s’ouvre à l’internet par satellite avec l’arrivée de Starlink, un choix présenté par les autorités comme une réponse rapide aux insuffisances persistantes du réseau terrestre. Si le gouvernement met en avant la promesse d’un haut débit accessible jusque dans les zones les plus enclavées, cette décision met aussi en lumière les retards accumulés dans le déploiement des infrastructures classiques.

Depuis plusieurs décennies, une partie du territoire reste mal couverte, notamment dans les zones rurales et frontalières. L’Exécutif inscrit désormais le recours à la technologie satellitaire dans sa stratégie numérique lancée en février 2025, avec l’objectif affiché de réduire les zones blanches. Des négociations sont en cours pour l’acquisition de 5.000 kits à tarif préférentiel afin de connecter gratuitement un million de personnes au premier semestre 2026.

Les secteurs de l’éducation, les collectivités territoriales et certains programmes de développement en Casamance figurent parmi les priorités. Les abonnements sont annoncés entre 22.000 et 30.000 francs CFA par mois, pour un coût d’installation d’environ 115.000 francs CFA.

Si cette solution permet de combler rapidement certaines lacunes, elle intervient dans un contexte où d’autres pays ont déjà consolidé leurs réseaux fixes et mobiles. Le recours à un opérateur étranger opérant depuis l’espace souligne les difficultés à étendre, par des moyens nationaux, une couverture homogène sur l’ensemble du territoire.

L’annonce a suscité des réactions critiques. Le syndicat des travailleurs de SONATEL a dénoncé un manque de transparence sur les modalités d’implantation et sur la nature de la licence accordée. Plusieurs médias évoquent un flou réglementaire et s’interrogent sur les implications en matière de souveraineté numérique et de protection des données personnelles.

Le modèle satellitaire rompt avec les investissements lourds consentis jusque-là dans la fibre optique. Pour les opérateurs installés, l’arrivée de Starlink pourrait fragiliser des équilibres économiques fondés sur des obligations strictes de couverture et sur des infrastructures déployées localement.

Les autorités assurent que le nouveau service restera soumis à la régulation nationale et qu’il viendra en complément des réseaux existants. Reste que son déploiement met en évidence les défis structurels du secteur numérique sénégalais, partagé entre la volonté d’accélérer l’accès au haut débit et la nécessité de consolider ses propres capacités technologiques.

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