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Transition financière en Afrique : où se place le Maroc ?

Transition financière en Afrique : où se place le Maroc ?

Selon le Baromètre 2025 de l’industrie financière africaine, mené par Deloitte et l’Africa Financial Industry Summit (AFIS), les établissements marocains abordent l’année avec une vision plus lisible, portée par un retour à la stabilité macroéconomique, un repli de l’inflation et une meilleure maîtrise des coûts du risque. Cette dynamique s’inscrit dans une tendance continentale, mais présente des spécificités notables par rapport à d’autres places financières africaines.

Au Maroc, la rentabilité redevient une priorité stratégique. Les institutions financières interrogées placent la performance opérationnelle et la maîtrise des marges au cœur de leurs choix, à l’image de leurs homologues d’Afrique du Nord et de l’Ouest. À l’inverse, les acteurs sud-africains mettent davantage l’accent sur la transformation digitale et les questions de cybersécurité, tandis qu’au Kenya, la résilience du modèle mobile money reste une ligne directrice forte.

Les données du baromètre montrent que les banques marocaines affichent un rendement sur fonds propres (ROE) et un rendement sur actifs (ROA) en progression, malgré un environnement réglementaire plus exigeant et un coût du risque encore tendu. Ce recentrage sur les fondamentaux est également observé en Égypte et au Nigeria, où les incertitudes économiques ont freiné certains investissements en 2023 et 2024.

La maturité digitale perçue par les institutions marocaines est globalement supérieure à la moyenne africaine. À ce titre, le Maroc se positionne dans le peloton de tête, avec l’Afrique du Sud et le Nigeria, en matière de numérisation des services, mais reste en retrait sur la capacité de réponse face aux incidents de cybersécurité. Sur ce plan, le Kenya et l’Égypte affichent des dispositifs de riposte plus avancés.

L’intelligence artificielle suscite un intérêt croissant dans l’ensemble des pays analysés. Au Maroc, elle est principalement envisagée comme un outil de détection des fraudes, de scoring crédit et d’automatisation des processus. Cette approche rejoint celle de la Côte d’Ivoire et du Sénégal, tandis qu’au Nigeria, les usages s’orientent déjà vers l’analyse prédictive et la gestion d’actifs.

L’étude met également en avant l’importance croissante des systèmes de paiement régionaux. Les établissements marocains, à l’instar de ceux du Ghana ou de la Zambie, soulignent le rôle structurant du PAPSS dans l’intégration des flux intra-africains. L’interopérabilité et la simplification des règlements figurent parmi les principales attentes à horizon 2030.

Sur le terrain de l’inclusion financière, les institutions marocaines affichent un engagement fort, avec une montée en puissance des partenariats entre banques, fintechs et opérateurs télécoms. Ce modèle se rapproche de celui observé au Kenya, souvent cité comme référence. À l’opposé, les acteurs égyptiens privilégient encore une approche plus traditionnelle, axée sur le réseau bancaire physique.

Enfin, la dimension ESG évolue vers une logique plus pragmatique. Les établissements marocains privilégient désormais les projets à impact direct, dans des logiques de financement durable ciblé. Cette orientation est partagée par une majorité de pays francophones interrogés, tandis que les institutions anglophones adoptent une approche plus systémique intégrée à leurs cadres de gouvernance.

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