Un étudiant sénégalais de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar a perdu la vie lundi à l’issue de violents affrontements survenus sur le campus, dans un contexte de mobilisation étudiante liée au paiement des bourses et aux conditions de vie universitaire. Le décès a été confirmé mardi par les autorités sénégalaises.
L’étudiant, inscrit en deuxième année de licence en médecine, est décédé à la suite d’événements qualifiés de graves par le gouvernement. Les circonstances exactes du drame n’ont pas été précisées. Dans un communiqué, la porte parole du gouvernement a appelé au calme, à l’apaisement et au sens des responsabilités, tout en annonçant l’ouverture d’investigations pour faire toute la lumière sur les faits.
Depuis plusieurs années, l’université dakaroise, la plus importante et la plus prestigieuse du pays, est régulièrement le théâtre de tensions entre étudiants et forces de l’ordre. Ces mouvements trouvent leur origine dans des revendications récurrentes, portant notamment sur le retard dans le paiement des arriérés de bourse et sur la dégradation des conditions de vie sur les campus.
Les manifestations, parfois ponctuées de heurts, se sont multipliées ces derniers mois à Dakar comme dans d’autres établissements du pays. Elles ont contribué à perturber durablement le calendrier universitaire, provoquant un chevauchement des années académiques et des retards accumulés dans le versement des aides financières.
Pour de nombreux étudiants, ces dysfonctionnements ont des conséquences directes sur leur quotidien. Les bourses, dont les montants varient entre 20 000 et 60 000 francs CFA par mois, peuvent ne pas être versées pendant plusieurs mois, fragilisant davantage une population déjà confrontée à des difficultés matérielles.
Le gouvernement a assuré que les responsabilités seraient situées à l’issue des enquêtes en cours. Ce nouveau drame remet toutefois en lumière la profondeur de la crise universitaire au Sénégal et l’urgence d’une réponse durable aux revendications estudiantines, alors que les tensions continuent de peser sur le fonctionnement des établissements d’enseignement supérieur.
