L’administration Trump a décidé de suspendre temporairement l’instruction des demandes de visas d’immigration en provenance de 75 pays, dont le Maroc. La mesure, annoncée mercredi par un porte-parole du Département d’État, s’inscrit dans un durcissement plus large de la politique migratoire américaine.
Cette décision entrera en vigueur le 21 janvier. Elle concerne notamment plusieurs pays d’Amérique latine, d’Asie, du Moyen-Orient, des Caraïbes, ainsi qu’une large partie du continent africain. Le Maroc figure sur la liste aux côtés d’autres pays arabes et africains comme l’Algérie, la Tunisie, l’Égypte ou encore la Côte d’Ivoire.
L’administration américaine justifie cette suspension par la volonté de limiter l’arrivée de ressortissants jugés à risque de devenir financièrement dépendants des aides publiques. “Le Département d’État utilisera son autorité pour exclure les candidats à l’immigration susceptibles de représenter une charge pour les contribuables américains”, a déclaré Tommy Pigott, porte-parole adjoint du Département d’État.
Le traitement des dossiers sera donc interrompu le temps de revoir les critères d’éligibilité et les procédures de sélection, dans le but affiché d’empêcher l’entrée de personnes considérées comme non autonomes. Seuls les visas d’immigration sont concernés. Les demandes de visas touristiques, elles, ne sont pas touchées par la mesure, notamment en vue des événements internationaux que les États-Unis accueilleront dans les prochaines années.
La suspension s’appuie sur une directive interne datant de novembre demandant aux diplomates américains de renforcer l’examen des ressources financières des demandeurs de visa.
Depuis son retour à la présidence, Donald Trump a multiplié les restrictions visant non seulement l’immigration illégale, mais aussi les voies légales d’entrée sur le territoire américain. Cette nouvelle étape renforce une stratégie migratoire largement critiquée par plusieurs organisations. Selon David Bier, du Cato Institute, cette suspension pourrait bloquer l’accès à près de 315 000 immigrants légaux sur une seule année.
Plus de 100 000 visas auraient déjà été annulés depuis l’entrée en fonction de Donald Trump. En parallèle, Washington a accru la surveillance des réseaux sociaux des candidats et durci les contrôles de sécurité.
La décision intervient quelques semaines après une déclaration controversée de Donald Trump, qui avait promis de stopper « de façon permanente » l’immigration issue de ce qu’il appelle les « pays du Tiers-Monde », en réaction à une fusillade près de la Maison Blanche.
Outre le Maroc, la liste complète des pays concernés inclut notamment le Sénégal, le Nigeria, l’Iran, le Pakistan, le Liban, l’Irak, le Bangladesh ou encore la Russie.
