Bleuets : le Maroc voit monter un concurrent africain

Le Zimbabwe vient d’ouvrir un nouveau débouché pour ses bleuets. Le pays a lancé ses premières exportations vers la Chine, après l’accord conclu en septembre dernier avec Pékin sur un protocole relatif aux normes phytosanitaires.

Pour le Maroc, l’information mérite attention. Le Zimbabwe est présenté comme le troisième producteur africain de bleuets, derrière le Maroc et l’Afrique du Sud. Son arrivée sur le marché chinois ne bouleverse pas à elle seule les équilibres, d’autant que le volume de cette première expédition n’a pas été communiqué. Mais elle confirme la montée en puissance d’un concurrent africain sur un fruit dont la demande mondiale progresse rapidement.

Le Zimbabwe cherche à tirer parti de conditions climatiques favorables et d’une production en forte croissance. Selon le Horticultural Development Council, le pays prévoit d’exporter 12 000 tonnes de bleuets en 2026, cultivées sur environ 850 hectares, contre 9 500 tonnes sur 650 hectares l’année précédente.

L’accès au marché chinois pourrait accélérer cette trajectoire. Le Zimbabwe fait partie des 53 pays africains bénéficiant de la politique chinoise de zéro tarif, entrée en vigueur le 1er mai. Pour les producteurs zimbabwéens, l’enjeu porte désormais sur l’augmentation des volumes et le choix des routes logistiques les plus adaptées vers ce marché.

Jusqu’ici, les principaux débouchés des bleuets zimbabwéens étaient les Pays-Bas, le Royaume-Uni, l’Allemagne, l’Espagne, l’Afrique du Sud, Hong Kong, la Malaisie, Singapour et les Émirats arabes unis.

Pour la filière marocaine, cette première expédition vers la Chine constitue donc moins une menace immédiate qu’un signal concurrentiel. Le Zimbabwe se positionne sur un segment où le Maroc dispose déjà d’un rang continental important, mais où l’accès aux grands marchés, la logistique et la capacité à monter en volume deviennent des facteurs décisifs.

L'invité du Nouvelliste Maroc

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