L’administration invitée par le Médiateur à mieux écouter les citoyens

L’Institution du Médiateur entend dépasser la seule gestion des plaintes individuelles pour agir sur la relation entre l’administration et les citoyens. Son rôle s’inscrit dans un projet plus large, fondé sur l’écoute, l’équité et la proximité dans les services publics.

Hassan Tariq a défendu cette orientation lundi à Rabat, lors de l’ouverture de la session annuelle de formation des cadres de l’Institution. Organisée autour de la formation comme socle d’une école marocaine de la médiation, la rencontre doit se poursuivre jusqu’au 17 juillet.

Pour le Médiateur du Royaume, la médiation institutionnelle ne peut être réduite à un simple outil de règlement des différends administratifs. Elle constitue une manière d’organiser les rapports entre les usagers et les services publics, en s’appuyant sur le dialogue et le respect des droits.

Cette approche doit permettre de corriger les déséquilibres qui peuvent apparaître entre l’exercice de l’autorité administrative et les garanties accordées aux citoyens. Elle repose à la fois sur la légalité, la justice et la recherche de solutions équitables.

Hassan Tariq a relié cette mission à la Vision Royale, qui place la dignité du citoyen et la protection de ses droits dans les services publics au centre de la construction de l’État social, de l’État de droit et de la confiance dans les institutions.

La session se tient dans un contexte marqué par la volonté de renforcer la culture de la médiation. Elle coïncide également avec la célébration de la Journée nationale de la médiation des services publics, instituée par S.M le Roi Mohammed 6 et commémorée chaque année le 9 décembre.

Cette reconnaissance traduit la place prise par la médiation dans l’organisation constitutionnelle et institutionnelle du Royaume. Elle est désormais présentée comme l’un des instruments de la bonne gouvernance et du rapprochement entre l’administration et les usagers.

La formation occupe une place centrale dans cette évolution. Elle doit assurer la transmission des méthodes de travail, des règles professionnelles et des pratiques déontologiques aux nouvelles générations de cadres et de responsables.

L’Institution souhaite aller au-delà de sessions ponctuelles. Hassan Tariq a annoncé l’ambition de créer un Centre national de la médiation des services publics, conçu comme un espace d’expertise, de recherche et de production scientifique.

Ce futur centre aurait vocation à accueillir des chercheurs universitaires, à accompagner les praticiens et à faire évoluer les méthodes de travail. Il devrait également suivre les transformations de l’administration publique et contribuer à former de nouveaux cadres, experts et chercheurs spécialisés dans la médiation institutionnelle.

Le Médiateur du Royaume a insisté sur le rôle des compétences humaines dans l’avenir de cette mission. Selon lui, les textes juridiques ne suffiront pas sans des professionnels qualifiés, capables d’innover et attachés à la défense des droits des usagers.

Le programme de formation porte notamment sur les missions constitutionnelles de l’Institution, le traitement des plaintes et des demandes de règlement, le suivi des recommandations, la rédaction des correspondances et le fonctionnement des délégations régionales.

L'invité du Nouvelliste Maroc

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