Le Maroc s’invite dans la détente du marché mondial du blé

Après plusieurs semaines de tension, les cours mondiaux des céréales ont commencé à refluer en début de semaine. Le mouvement reste pourtant fragile, car aucune amélioration décisive n’a été enregistrée ni dans le détroit d’Ormuz ni en mer Noire.

À Paris, le blé est retombé mercredi à 226 euros la tonne, après avoir culminé à 245 euros la semaine précédente, son plus haut niveau depuis juin 2024. À Chicago, le boisseau évoluait autour de 6,64 dollars mardi soir.

Ce recul intervient surtout après une forte hausse des prix, nourrie par les vagues de chaleur et les conflits au Moyen-Orient ainsi qu’en mer Noire. La fin du mois favorise également les prises de bénéfices, selon plusieurs professionnels du marché.

Les opérateurs continuent de miser sur une possible reprise de la navigation en mer Noire et sur une réouverture du détroit d’Ormuz. Pour l’heure, ces attentes ne se sont pas concrétisées. Les échanges maritimes en mer Noire demeurent fortement perturbés, tandis que les frappes ont repris au Moyen-Orient et poussé le pétrole à la hausse mercredi.

Dans ce contexte, le Maroc apparaît parmi les pays importateurs qui disposent d’une situation plus favorable qu’en 2022. Le Royaume a prolongé sa taxe à l’importation du blé, alors que d’autres grands acheteurs de céréales russes ou ukrainiennes bénéficient également de récoltes plus solides.

Cette évolution réduit la pression immédiate sur les approvisionnements. Elle intervient au moment où plusieurs vendeurs alternatifs cherchent à renforcer leur présence sur le marché mondial. L’Inde, qui a rouvert des quotas d’exportation en mai, fait partie des origines susceptibles de répondre à une partie de la demande.

La baisse actuelle pourrait toutefois se prolonger lorsque les difficultés logistiques en mer Noire seront levées. La Russie et l’Ukraine disposeront alors de volumes importants à écouler, ce qui pourrait accentuer le recul des prix.

Le maïs a moins baissé que le blé sur le marché européen. Son cours a perdu environ 10 euros en une semaine pour revenir à 250 euros la tonne, avant de se reprendre légèrement mercredi avec le retour d’une vague de chaleur.

Les cultures d’été restent exposées en Europe, notamment le maïs et le tournesol. La Roumanie et la Bulgarie apparaissent moins touchées, tandis que les perspectives sont particulièrement dégradées dans plusieurs autres régions.

En Allemagne, deuxième producteur européen de blé, la récolte se révèle aussi décevante qu’en France sous l’effet des fortes températures. La sécheresse perturbe également le transport fluvial sur le Rhin, le Danube et la Moselle, compliquant l’acheminement des grains vers les usines du nord de l’Europe.

Aux États-Unis, les conditions météorologiques continuent de peser sur le maïs et le soja. Les données du ministère américain de l’Agriculture signalent une nouvelle détérioration de la qualité des cultures, même si certains observateurs estiment que le niveau d’humidité pourrait limiter les dégâts.

spot_img

L'invité du Nouvelliste Maroc

spot_img