Casablanca prépare une usine de déchets à 1,5 milliard de dollars

Casablanca prépare la construction d’une usine de valorisation énergétique des déchets représentant un investissement de 1,5 milliard de dollars. Le chantier devrait démarrer avant la fin de 2026, sous réserve de la finalisation du financement, tandis que la mise en service complète est attendue à la mi-2030.

Le projet sera porté par un consortium conduit par Kanadevia Inova, entreprise helvético-japonaise spécialisée dans la gestion des déchets. Nareva et le groupe japonais Itochu participent également à l’opération. Le contrat de concession a été signé avec la municipalité de Casablanca.

Implantée à proximité de la décharge de Médiouna, l’installation pourra traiter près de 1,5 million de tonnes de déchets par an. Elle produira environ 115 mégawatts d’électricité grâce à une combinaison de déchets, d’énergie solaire et de gaz issus de la décharge. Cette capacité correspondrait aux besoins de près d’un million de personnes.

La future unité doit permettre de limiter les rejets de méthane et les autres nuisances environnementales liées au site de Médiouna. Cette décharge, située en périphérie de Casablanca, provoque depuis plusieurs décennies des odeurs et des infiltrations polluantes dans les terres agricoles voisines.

Selon Kanadevia Inova, la réduction attendue des émissions de gaz à effet de serre représenterait l’équivalent d’environ 20 % des émissions annuelles de la Suisse. Le groupe compare cet impact au retrait de 300 000 véhicules de la circulation.

La construction sera confiée à l’entreprise marocaine Somagec. Les travaux devraient durer près de trois ans et demi. Le traitement des déchets et la production d’électricité pourraient toutefois commencer entre six et dix mois avant l’achèvement total du site.

Le consortium a conclu un accord d’achat d’électricité avec l’Office national de l’électricité et de l’eau potable. Le financement recherché auprès des établissements marocains reposera entièrement sur une dette locale, complétée par des fonds propres.

Une fois opérationnelle, l’usine deviendra la deuxième installation de ce type en Afrique. Le projet reste toutefois contesté par des scientifiques, des militants climatiques et des associations locales, qui estiment que ces unités peuvent affaiblir les politiques de recyclage et générer des particules fines ainsi que des émissions de gaz à effet de serre.

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