CNSS : l’AMO des non-salariés face à un déficit structurel

Le régime d’Assurance Maladie Obligatoire destiné aux travailleurs non-salariés affiche un déficit structurel. En 2025, les prestations versées ont largement dépassé les cotisations encaissées, portant le ratio entre prestations et cotisations à 157%, soit 25 points de plus qu’en 2024.

Ce régime comptait 1,69 million d’assurés principaux à fin 2025, en progression de 4% sur un an. Les prestations servies ont atteint 2,28 milliards de DH, en hausse de 24%. Face à ce déséquilibre, la CNSS et les départements concernés travaillent au renforcement de l’adhésion au dispositif et à l’amélioration du recouvrement des cotisations.

La situation contraste avec l’élargissement global de la couverture maladie. La population éligible à l’AMO a atteint 25,08 millions de bénéficiaires en 2025, soit 3% de plus qu’un an auparavant. Les prestations versées au titre des différents régimes ont progressé de 17%, à 22,65 milliards de DH.

Pour les travailleurs salariés, l’AMO a dépassé les 4 millions d’assurés principaux, en hausse de 5%. Les prestations correspondantes se sont élevées à 9,22 milliards de DH, soit une progression annuelle de 12%.

AMO Tadamon a pour sa part couvert 3,95 millions de personnes et versé 8,49 milliards de DH de prestations, un montant en hausse de 13%. AMO Achamil comptait 265.551 assurés principaux, soit une progression de 70%, pour 1,36 milliard de DH de prestations.

L’activité du régime général de la CNSS a également progressé en 2025. Le nombre de salariés déclarés a atteint 4,24 millions, en hausse de 4%. La masse salariale déclarée est passée de 222,51 milliards de DH à 244,84 milliards de DH, soit une augmentation de 10%.

Les cotisations dues ont atteint 36,46 milliards de DH, en progression de 9%. Dans le même temps, les prestations servies sont passées de 29,7 milliards de DH en 2024 à 31,5 milliards en 2025.

La CNSS a parallèlement intensifié ses opérations de contrôle et de lutte contre la fraude sociale. Elle a réalisé 10.411 missions d’inspection et de contrôle en 2025, soit 22% de plus qu’en 2024.

Plusieurs évolutions sont également prévues dans l’organisation de la Caisse. Une filiale doit être créée pour accélérer sa transformation digitale, tandis qu’une autre sera chargée de la gestion de ses polycliniques. Le renforcement de la sécurité des systèmes d’information figure aussi parmi les chantiers retenus.

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