Crise de Sebta : la gestion par Madrid largement désavouée en Espagne

La gestion par Madrid des arrivées massives de migrants à Sebta fin juillet suscite un profond mécontentement en Espagne. Une enquête publiée lundi montre qu’une large majorité des personnes interrogées porte un jugement négatif sur la réponse du gouvernement de Pedro Sanchez, tandis que la séquence pèse également sur les rapports de force politiques.

Réalisé par l’institut 40dB auprès de 2 000 personnes pour El Pais et la radio SER, le sondage révèle que 72 % des répondants attribuent une part de responsabilité au gouvernement espagnol dans la crise. Seuls 14,2 % jugent favorablement son action et près des deux tiers considèrent que Madrid a réagi trop tardivement.

L’enquête fait aussi apparaître une perception très défavorable du rôle du Maroc au sein de l’opinion espagnole. Quelque 89 % des sondés lui attribuent la principale responsabilité dans les événements. Les réseaux de trafic d’êtres humains sont cités par 75 % des répondants, devant la désinformation diffusée sur les réseaux sociaux à 74 % et les migrants ayant tenté la traversée à 73 %.

Ces résultats reflètent les perceptions des personnes interrogées et interviennent dans un contexte politique espagnol marqué par une progression de la droite. Le Parti populaire recueille désormais 32,4 % des intentions de vote, contre 32 % en juillet. Vox atteint 17,8 %, après 17,2 % lors de la précédente enquête. Ensemble, les deux formations totalisent 50,2 %, franchissant pour la première fois durant cette législature le seuil de 50 % dans un sondage.

Le Parti socialiste de Pedro Sanchez recule parallèlement de 28 % à 27,6 %. L’ensemble du bloc de centre gauche est crédité de 36,1 % des intentions de vote.

La question migratoire profite particulièrement à Vox. Environ 27 % des personnes interrogées considèrent cette formation comme la plus à même de traiter ce dossier, contre 18,4 % pour les socialistes et 13,9 % pour le PP.

Le durcissement des contrôles recueille également une forte adhésion. Sept sondés sur dix donnent la priorité au renforcement de la frontière plutôt qu’à la protection des migrants vulnérables. Quelque 82 % se déclarent favorables à davantage de clôtures et de dispositifs de surveillance aux frontières espagnoles.

spot_img

L'invité du Nouvelliste Maroc

spot_img