Le Maroc apparaît parmi les destinations qui ont soutenu les exportations américaines de diesel en août, dans un marché pétrolier mondial marqué par la hausse des cours, le renchérissement du fret et des stocks toujours inférieurs aux moyennes historiques. C’est l’un des enseignements du dernier rapport mensuel de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole.
Les États-Unis ont vu leurs exportations de produits raffinés atteindre un record de 8 millions de barils par jour. Cette progression a notamment été alimentée par les expéditions de diesel vers l’Europe et le Maroc, tandis que les cargaisons de propane à destination de l’Asie ont également augmenté.
Cette dynamique intervient alors que les prix du brut ont nettement progressé en août. Le panier de référence de l’OPEP a gagné 3,45 dollars le baril sur un mois pour s’établir à 86,44 dollars en moyenne. Le Brent coté à Londres a avancé de 4,11 dollars à 88,08 dollars le baril, tandis que le WTI américain a progressé de 3,23 dollars à 82,45 dollars.
Le brut Oman a connu une hausse encore plus prononcée, de 10,36 dollars, pour atteindre 87,88 dollars le baril. L’écart entre le Brent et le WTI s’est parallèlement creusé de 0,88 dollar pour ressortir à 5,63 dollars.
L’OPEP attribue cette fermeté des prix à court terme à la vigueur de la demande pour les cargaisons disponibles immédiatement, notamment auprès des raffineurs asiatiques, mais aussi aux inquiétudes entourant l’offre et au recul des volumes de brut accessibles sur le marché.
Les investisseurs financiers ont accompagné ce mouvement. Entre la fin juillet et la fin août, les fonds de couverture et les gestionnaires de portefeuille ont accru de 12% leurs positions acheteuses sur le Brent et le WTI, avec un renforcement particulièrement marqué sur le Brent.
Sur le front de la consommation, l’organisation a légèrement abaissé sa prévision de croissance de la demande mondiale. Celle-ci devrait augmenter de 0,4 million de barils par jour en 2026 par rapport à l’année précédente. La consommation des pays de l’OCDE reculerait de 0,1 million de barils par jour, alors que celle des économies hors OCDE progresserait de 0,5 million.
L’OPEP anticipe une accélération plus nette en 2027. La croissance de la demande mondiale est désormais attendue à 2,4 millions de barils par jour, dont 0,4 million dans l’OCDE et 1,9 million dans les pays hors OCDE.
Du côté de l’offre, la production de liquides des pays ne participant pas à la Déclaration de coopération devrait progresser de 0,6 million de barils par jour en 2026. Le Brésil, les États-Unis, le Canada et l’Argentine figurent parmi les principaux contributeurs. Une hausse du même ordre est prévue en 2027, portée notamment par le Qatar, le Canada, le Brésil et l’Argentine.
La demande de brut adressée aux producteurs engagés dans la Déclaration de coopération est estimée à 42,2 millions de barils par jour en 2026, soit 0,4 million de moins qu’en 2025. Elle devrait ensuite atteindre 43,9 millions en 2027, en hausse de 1,6 million sur un an.
La production de liquides non conventionnels et de gaz naturel liquéfié des pays concernés progresserait de 0,1 million de barils par jour en 2026 pour atteindre 8,7 millions, puis de nouveau de 0,1 million en 2027 à 8,9 millions. En août, leur production de brut a augmenté de 0,30 million de barils par jour par rapport à juillet, à environ 38,05 millions.
Les conditions de raffinage restent contrastées selon les régions. Les marges se sont améliorées dans le golfe du Mexique et à Rotterdam, soutenues par la demande de distillats moyens, dont le diesel, et par une offre limitée. À Singapour, elles ont en revanche reculé sous l’effet d’une activité plus soutenue des raffineries et d’une augmentation des exportations régionales.
Le transport maritime s’est lui aussi renchéri sur plusieurs grandes routes. Les tarifs des très grands pétroliers ont augmenté de 28% entre le Moyen-Orient et l’Asie et de 51% entre le Moyen-Orient et les marchés occidentaux. Les navires Suezmax ont enregistré une hausse de 4% entre le golfe du Mexique et l’Europe.
Les tarifs des Aframax ont reculé de 18% en Méditerranée après les niveaux élevés atteints en juillet, tout en restant soutenus. Pour les produits raffinés, les coûts de transport ont progressé de 15% à l’est de Suez et diminué de 5% à l’ouest.
Les flux commerciaux restent particulièrement dynamiques. Les importations américaines de brut ont augmenté de 15% en août pour atteindre 6,7 millions de barils par jour, tandis que les exportations sont remontées à 3,9 millions. C’est dans ce contexte que les expéditions de produits raffinés ont culminé à 8 millions de barils par jour, avec notamment des volumes supplémentaires de diesel dirigés vers l’Europe et le Maroc.
En Europe, les importations de brut ont connu une hausse saisonnière en juillet, alimentée notamment par les Émirats arabes unis, le Brésil et le Kazakhstan. Le Japon a porté ses achats de brut à 2,4 millions de barils par jour en juillet, tout en augmentant ses exportations de gazole.
La Chine a importé 8,4 millions de barils par jour en juillet puis 8,95 millions en août. En Inde, les achats sont restés élevés à 5,1 millions de barils par jour en juillet, parallèlement à une forte progression des exportations d’essence et de diesel.
Les stocks commerciaux de l’OCDE ont augmenté de 9,8 millions de barils en juillet pour atteindre 2 763 millions. Ils restent toutefois inférieurs de 57 millions de barils à leur niveau d’un an auparavant et de 47,9 millions à la moyenne des cinq dernières années.
Ces réserves correspondent à 59,3 jours de consommation future, soit un jour de moins qu’à la même période en 2025.


