BKGR relève sa prévision de croissance du Maroc à 5,7 % pour 2026

BMCE Capital Global Research revoit à la hausse son scénario de croissance pour le Maroc en 2026. Dans sa note Strategy de mai 2026, la société de recherche anticipe désormais une progression du PIB de 5,7 % dans son scénario central, portée notamment par une contribution plus favorable de la valeur ajoutée agricole, dans un contexte où la récolte céréalière pourrait dépasser 90 millions de quintaux.

Cette révision intervient alors que le Haut-Commissariat au Plan anticipe une croissance de 5,0 % au premier trimestre 2026, contre 4,8 % au premier trimestre 2025. Selon BKGR, cette dynamique s’appuie sur l’accélération des activités agricoles et la résilience des branches tertiaires, soutenues par la demande intérieure, malgré la hausse des prix de l’énergie observée en mars.

Le scénario central de BKGR repose sur une valeur ajoutée agricole en hausse de 12,0 % et une valeur ajoutée non agricole en progression de 5,4 %. Dans son hypothèse basse, la croissance du PIB ressortirait à 4,0 %, tandis que le scénario favorable la porterait à 7,0 %. Le document situe ainsi l’économie marocaine dans une phase de reprise plus robuste, mais encore exposée à plusieurs risques externes.

Sur le front budgétaire, la note relève un creusement du déficit à 15,5 milliards de dirhams à fin avril 2026, contre 11,8 milliards un an plus tôt. Cette évolution s’explique par une hausse des dépenses nettement supérieure à celle des recettes. Les dépenses de fonctionnement progressent de 14,4 %, celles d’investissement de 19,6 %, tandis que les recettes augmentent de 7,0 %.

L’inflation accélère également. L’indice des prix à la consommation progresse de 1,7 % en glissement annuel à fin avril 2026, contre 0,9 % à fin mars. Cette évolution résulte d’une hausse de 0,6 % de l’indice des produits alimentaires et de 2,5 % de celui des produits non alimentaires, tirée principalement par le poste transport, en progression de 8,4 %.

Le commerce extérieur reste un point de vigilance. Le déficit commercial se creuse de 18,4 % à fin avril 2026, pour atteindre 127,0 milliards de dirhams, contre 107,3 milliards un an auparavant. BKGR attribue notamment cette dégradation à la hausse des importations de produits finis d’équipement, en progression de 21,8 % à 72,6 milliards de dirhams.

Du côté de la Bourse de Casablanca, le MASI a repris 1,57 % en mai 2026, à 18.874,97 points, effaçant ses pertes cumulées depuis le début de l’année pour afficher une performance annuelle légèrement positive de 0,15 %. La capitalisation boursière atteint 1.100,6 milliards de dirhams. BKGR note toutefois que le rebond reste fragile, porté par une séance de forte reprise et concentré sur certaines valeurs, notamment les minières.

La prudence demeure de mise sur le marché actions. Le MASI 20 recule encore de 1,04 % sur le mois et affiche une baisse de 9,68 % depuis le début de l’année. Les volumes restent en retrait, avec une volumétrie moyenne quotidienne de 255 millions de dirhams, contre 378 millions à fin mai 2025. Pour BKGR, la poursuite du rebond dépendra notamment de la désescalade géopolitique au Moyen-Orient, d’une détente plus lisible des prix de l’énergie et d’un retour de la profondeur de marché.

La note identifie aussi plusieurs opportunités structurantes pour l’économie marocaine, dont les projets liés à la Coupe du Monde 2030, la concrétisation des premiers projets d’hydrogène vert et de gigafactories, le déploiement de la stratégie gazière nationale, ainsi que les investissements de 130 milliards de dirhams liés au renforcement de la souveraineté énergétique et hydrique.

À l’inverse, les principaux risques portent sur la vulnérabilité climatique, notamment hydrique, une éventuelle flambée des cours pétroliers liée au détroit d’Ormuz, le ralentissement des principaux partenaires commerciaux, en particulier l’Union européenne, l’intensification des tensions géoéconomiques, la persistance d’un chômage élevé et une recrudescence de l’inflation.

L'invité du Nouvelliste Maroc

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