Capella Minerals a officialisé un partenariat avec Verde Minerals pour prendre progressivement la main sur le projet Solana, un vaste gisement cuivre-or situé dans le sud de l’Espagne, à seulement quelques centaines de kilomètres du Maroc. Un rapprochement qui met en lumière les similitudes géologiques entre les deux rives de la Méditerranée, liées par une même dynamique tectonique et une longue tradition minière.
Le projet Solana s’étend sur plus de 35 kilomètres dans la zone bétique, au cœur d’un système montagneux né de la convergence entre les plaques eurasienne et africaine. Cette même collision a façonné les reliefs du Rif et de l’Atlas, qui structurent la géologie du nord du Royaume. À 20 kilomètres de l’ancienne mine d’Alquife, Solana occupe une position stratégique dans un couloir minéralisé majeur.
Plusieurs sites historiques y témoignent d’une activité ancienne, notamment Cerro de Gallo, Solana et Conde Xiquena, tous riches en veines de cuivre et d’or à haute teneur, aujourd’hui inactifs depuis le début du XXe siècle. Ces veines s’étendent sur plusieurs kilomètres, dans des roches métasédimentaires d’âge protérozoïque, avec des intrusions felsiques en profondeur, caractéristiques des systèmes IOCG.
Capella prévoit d’évaluer à la fois le potentiel de ces structures affleurantes et celui des gisements enfouis, susceptibles d’être la véritable source des minéralisations de surface. Une première phase de ciblage est attendue début 2026, suivie de forages en fin d’année. La direction du projet a été confiée au géologue John Gray.
La proximité du Maroc et la continuité géologique avec le territoire national donnent à ce projet une résonance particulière. Depuis plusieurs années, le Royaume renforce sa position dans les métaux critiques et stratégiques, en lien avec sa politique industrielle et énergétique. Les connexions géologiques entre les provinces du Sud, riches en ressources, et le sud de l’Espagne renforcent l’intérêt de ce type de développement régional.
Le projet Solana bénéficie par ailleurs d’un environnement favorable. Il est bien desservi en infrastructures, proche de ports et de réseaux ferrés, et situé à proximité immédiate de grandes installations d’énergies renouvelables. Les collectivités locales soutiennent le projet.
Des travaux d’exploration avaient déjà été menés sur la zone entre 2010 et 2013. Ils comprenaient des levés géophysiques héliportés, l’échantillonnage de sédiments de cours d’eau, l’analyse de plus de 1 300 roches et trois forages courts. De nouveaux relevés, notamment gravimétriques et magnétotelluriques, viendront compléter ces données à partir de 2026.
L’accord signé avec Verde Minerals prévoit une acquisition progressive du projet par Capella, via la société espagnole CyOA. Dans un premier temps, Capella pourra obtenir 30 % du projet en respectant un programme minimum d’exploration d’ici fin 2026, avec un budget de 290 000 euros sur le permis Filabres 1. Ce dernier couvre 14,6 km² et est déjà en vigueur, tandis que deux autres permis (212 km²) sont en cours de demande.
Capella pourra ensuite monter à 51 % sous deux ans, puis à 75 % en menant une étude de préfaisabilité dans les six ans. À ce stade, Verde pourra conserver 25 % de participation ou opter pour une redevance de 2 % sur les revenus futurs. L’accord inclut aussi une avance environnementale remboursable de 70 000 euros, un paiement initial de 115 000 euros à la signature, ainsi que des paiements annuels de 50 000 euros conditionnés à la poursuite du projet.
L’opération reste soumise à l’approbation de la TSX Venture Exchange, mais elle marque déjà une étape importante pour Capella et une nouvelle illustration des liens géologiques étroits entre le sud de l’Espagne et le nord du Maroc.
