Fouzi Lekjaa dévoile un budget 2027 marqué par des baisses d’impôts

Le Maroc entend contenir son déficit budgétaire à 3 % du produit intérieur brut (PIB) en 2027, tout en renforçant les dépenses sociales et en engageant plusieurs allègements fiscaux. Cette orientation a été présentée vendredi 23 octobre par le nouveau ministre de l’Économie et des Finances, Fouzi Lekjaa, devant les parlementaires, à l’occasion de l’examen du projet de loi de finances pour l’année prochaine.

Les prévisions gouvernementales retiennent une progression du PIB de 3,7 % en 2027, après une croissance estimée à 4,7 % en 2026. Ce scénario repose notamment sur l’hypothèse d’une saison agricole moyenne.

La présentation du budget intervient quelques jours après la constitution d’une nouvelle coalition gouvernementale, à la suite des élections législatives du 23 septembre. La nouvelle équipe a placé le soutien aux ménages, l’amélioration des services publics et l’insertion professionnelle des jeunes parmi ses principales priorités, dans un contexte marqué par les mobilisations de la Génération Z et les tensions migratoires survenues à Ceuta en juillet.

Devant les députés, Fouzi Lekjaa a également remis en cause certaines orientations économiques des dernières années. Selon lui, la place excessive accordée aux mécanismes du marché, au détriment de l’encadrement public, a contribué à l’installation de situations de monopole, de pratiques rentières et de stratégies privilégiant les gains immédiats.

Le ministre a notamment dénoncé le « capitalisme sauvage et le néolibéralisme », qu’il considère comme des facteurs majeurs des tensions sociales. Il a plaidé pour une intervention plus affirmée des pouvoirs publics contre la corruption, les conflits d’intérêts et les positions dominantes, ainsi que pour une meilleure protection de l’indépendance du pays en matière d’approvisionnement alimentaire et énergétique.

Sur le plan budgétaire, une enveloppe de 62 milliards de dirhams, soit environ 6,3 milliards de dollars, serait mobilisée en 2027 pour financer les dispositifs sociaux, préserver le pouvoir d’achat et atténuer les disparités.

Parmi les mesures annoncées figure la suppression de l’impôt sur le revenu pour les rémunérations mensuelles inférieures à 10 000 dirhams. D’après Fouzi Lekjaa, près de 87 % des salariés pourraient bénéficier de cette exonération.

L’exécutif envisage parallèlement une réorganisation des réseaux de commercialisation des produits essentiels, de nouvelles initiatives en faveur de l’emploi des jeunes et une revalorisation des pensions de retraite. Les transferts financiers aux foyers les plus modestes devraient également augmenter, tandis que les mécanismes de soutien aux prix de l’électricité seraient maintenus.

Les secteurs de la santé et de l’enseignement bénéficieraient de crédits supplémentaires. Le financement de la santé progresserait de 7 % pour atteindre 45,5 milliards de dirhams. Celui de l’éducation s’établirait à 121 milliards de dirhams, en hausse de 4,6 %.

Le texte budgétaire prévoit par ailleurs la possibilité de contracter des engagements au titre des dépenses militaires à hauteur de 190,5 milliards de dirhams.

Malgré ces dépenses, le gouvernement anticipe une diminution du poids de la dette publique, qui représenterait 66,9 % du PIB en 2027, contre 67,5 % attendus à la fin de 2026.

La fiscalité des entreprises de distribution de carburants fait également partie des changements proposés. Le taux appliqué aux bénéfices dépassant 100 millions de dirhams serait relevé à 40 %. Cette disposition vise un secteur ayant déjà fait l’objet de sanctions des autorités de la concurrence pour des comportements anticoncurrentiels.

D’autres ajustements fiscaux porteraient sur les droits d’accise frappant les boissons sans alcool, les boissons alcoolisées, le tabac et les cigarettes électroniques, avec des augmentations envisagées pour ces différentes catégories.

Les besoins de financement de l’État devraient, pour leur part, se contracter de 7,4 % en 2027, à 159 milliards de dirhams. Pour couvrir ce montant, le gouvernement prévoit de répartir ses levées de fonds entre les marchés national et international, en tenant compte des conditions de financement disponibles.

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