Le Maroc franchit un cap démographique majeur. Selon un rapport du Haut-Commissariat au Plan, le taux de fécondité est tombé à 1,97 enfant par femme en 2024, passant pour la première fois sous le seuil de renouvellement des générations fixé à 2,1. Un taux qui pose la question du risque de vieillissement de la population marocaine.
Cette baisse historique s’inscrit dans une transformation plus large. Le pays enregistre parallèlement un allongement de l’espérance de vie et un recul de l’âge au mariage, deux indicateurs qui traduisent une évolution profonde des comportements sociaux et familiaux. Le modèle démographique marocain, longtemps caractérisé par une natalité soutenue, laisse place à une dynamique marquée par un ralentissement des naissances.
Le rapport met en évidence une mutation structurelle qui redessine la pyramide des âges. À moyen et long terme, cette transition pose la question de l’équilibre entre population active et population dépendante, notamment en matière de financement des retraites et de soutenabilité des systèmes de protection sociale.
Avec un taux désormais inférieur au seuil de renouvellement, le Royaume entre dans une phase où la croissance démographique ne repose plus sur le simple renouvellement naturel des générations. Une évolution inédite dans l’histoire contemporaine du pays, qui ouvre un nouveau chapitre de sa trajectoire démographique.
