Mondial 2030 et IDE : la Banque mondiale confirme l’élan marocain

Le Maroc aborde un nouveau cycle d’investissement porté par l’afflux de capitaux étrangers, les grands chantiers liés à la Coupe du Monde 2030 et le renforcement de sa crédibilité financière. Dans son dernier rapport de suivi économique, la Banque mondiale relève une combinaison favorable qui améliore le positionnement du Royaume auprès des groupes internationaux.

Les investissements directs étrangers ont progressé de 29% en 2025. Leur niveau net a représenté près de 1,8% du PIB, contre 0,7% deux ans plus tôt. Cette accélération accompagne une croissance économique de 4,9%, la plus soutenue enregistrée depuis plus d’une décennie selon l’institution.

Le maintien de l’inflation à 0,8% a également contribué à préserver un environnement stable. Cette maîtrise des prix offre davantage de visibilité aux entreprises engagées dans des projets industriels de long terme.

L’industrie manufacturière concentre une part importante des capitaux reçus. La Banque mondiale associe cette évolution à la place croissante du Maroc dans les stratégies de délocalisation de proximité des groupes internationaux.

La proximité avec l’Europe, les infrastructures logistiques et la réorganisation des chaînes d’approvisionnement renforcent l’intérêt pour le Royaume. Le Maroc s’installe progressivement comme une base de production capable de desservir les marchés européens dans des délais courts.

Cette évolution apparaît aussi dans les exportations. Les ventes marocaines de biens et de services ont progressé de 6,2% en 2025, après une hausse de 8% en 2024.

Les phosphates et leurs dérivés ont enregistré une croissance de 21%, tandis que l’extraction minière a avancé de 7,5%. Le tourisme a pour sa part progressé de 7%.

L’automobile et l’aéronautique ont prolongé cette dynamique au premier trimestre 2026. Leurs exportations ont augmenté respectivement de 12,1% et de 12,6%, confirmant leur rôle dans la montée en gamme de l’industrie marocaine.

L’investissement intérieur contribue au même mouvement. La formation brute de capital a progressé de 16,3% en 2025, après 14% un an auparavant. Cette hausse a été soutenue par les grands projets publics et par la reprise graduelle des dépenses privées.

La construction a enregistré une croissance de 6,7%, stimulée notamment par les préparatifs de la Coupe du Monde 2030. La Banque mondiale prévoit que cet effort restera un moteur important en 2026, avec une hausse attendue de 11,2% de la formation brute de capital fixe.

L’institution table sur une croissance de 4,2% en 2026, puis de 4% en 2027 et de 4,3% en 2028. La demande devrait progressivement reposer davantage sur le secteur privé et sur une consommation des ménages appelée à progresser de 4,8% à l’horizon 2028.

La transformation numérique constitue un autre levier de compétitivité. La stratégie Maroc Digital 2030 est citée parmi les avancées déjà engagées pour moderniser l’économie et améliorer les performances des entreprises.

Un rattrapage du niveau numérique observé dans les pays comparables pourrait générer un gain de productivité compris entre 10% et 15%. Ce potentiel renforce l’intérêt du Royaume pour les investisseurs à la recherche de plateformes industrielles modernisées.

La confiance des marchés financiers soutient cette trajectoire. Les émissions d’euro-obligations réalisées en 2025 ont obtenu des écarts de rendement de 155 points de base sur les titres à quatre ans et de 215 points sur ceux à dix ans.

Le relèvement de la note souveraine du Maroc par S&P au niveau investment grade a renforcé cette perception. Les réserves internationales ont parallèlement atteint 49 milliards de dollars à fin mars 2026, après avoir couvert 5,4 mois d’importations à la fin de 2025.

Le système bancaire conserve des niveaux jugés satisfaisants de capital, de liquidité et de rentabilité. Cette solidité accompagne les besoins de financement liés au cycle actuel d’investissement.

Les finances publiques affichent également une évolution favorable. Les recettes fiscales ont atteint 30,1% du PIB en 2025. Les recettes issues de l’impôt sur les sociétés ont progressé d’environ 130% depuis 2019.

Le déficit budgétaire a été ramené à 3,5% du PIB. La dette du Trésor s’est stabilisée autour de 67%, après avoir dépassé 70% en 2020.

Le marché du travail a suivi cette amélioration. Près de 193 000 emplois nets ont été créés en 2025, soit plus du double du niveau enregistré en 2024. Il s’agit du quatrième résultat annuel le plus élevé depuis 2001.

Le Maroc a par ailleurs limité son exposition aux tensions géopolitiques au Moyen-Orient. Leur effet s’est principalement concentré sur la facture énergétique.

La réforme des subventions aux carburants, engagée en 2014, a contribué à réduire de moitié l’impact des chocs pétroliers sur la croissance, selon la Banque mondiale.

L’institution estime que plusieurs facteurs pourraient porter l’activité au-delà de ses prévisions centrales. Le positionnement du Maroc dans la délocalisation de proximité, les investissements du Mondial 2030 et la réforme des entreprises publiques pourraient ainsi provoquer une accélération plus forte du secteur privé.

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