Le Maroc figure parmi les principales provenances de l’essence importée par voie maritime en Russie, aux côtés de l’Inde et de la Turquie. Ces approvisionnements interviennent alors que Moscou prévoit de poursuivre ses achats de carburants à l’étranger au moins jusqu’à la fin de l’année 2026, afin de répondre aux difficultés rencontrées sur son marché intérieur.
Selon les données de LSEG et les informations recueillies auprès de professionnels du secteur, rapportées jeudi 29 octobre par Reuters, les importations russes de carburants automobiles par voie maritime ont atteint près de 430 000 tonnes en octobre. Ce volume représente une augmentation de 18 % par rapport à septembre.
Une grande partie des cargaisons réceptionnées dans les ports russes au cours du mois provient du Maroc, de l’Inde et de la Turquie. Le Royaume apparaît ainsi parmi les origines importantes des livraisons d’essence destinées au marché russe, dans un contexte de recours accru aux approvisionnements extérieurs.
Les informations disponibles ne précisent cependant pas les volumes acheminés depuis le Maroc, ni la proportion qu’ils représentent dans les importations russes. Elles ne permettent pas davantage de déterminer l’origine de production des carburants transitant par le Royaume.
Cette hausse des achats internationaux fait suite aux perturbations qui touchent le secteur pétrolier russe depuis plusieurs mois. À partir d’août, Moscou a commencé à renforcer ses importations de carburants pour compenser les pénuries apparues dans différentes régions du pays, après des frappes de drones ukrainiens contre plusieurs raffineries stratégiques.
Les autorités russes ont parallèlement adopté des dispositions destinées à préserver l’approvisionnement national. Des livraisons ferroviaires d’essence ont notamment été organisées depuis la Biélorussie et le Kazakhstan, tandis que des restrictions ont été imposées aux exportations de carburants afin de privilégier les besoins du marché intérieur.
Le maintien des importations jusqu’à la fin de l’année a été confirmé par le vice-Premier ministre russe Alexander Novak. Cette décision prolonge le recours de Moscou aux achats extérieurs engagé durant l’été, alors que les installations nationales de raffinage cherchent à retrouver des niveaux de production plus élevés.
La poursuite des importations russes ne signifie toutefois pas que les expéditions depuis chacun des pays fournisseurs se maintiendront nécessairement jusqu’en décembre. Aucun calendrier spécifique concernant les cargaisons en provenance du Maroc n’a été communiqué.
Les perspectives des prochains mois laissent entrevoir un ralentissement des arrivages maritimes. Les négociants interrogés anticipent une diminution des volumes importés, sous l’effet d’une augmentation du traitement du pétrole brut dans les raffineries russes et d’une baisse saisonnière de la consommation de carburants.
Le Maroc reste néanmoins l’une des trois principales provenances mentionnées pour les livraisons maritimes d’essence en octobre. Sa présence dans ces flux intervient alors que la Russie entend maintenir ses importations de carburants jusqu’à la fin de 2026, même si l’évolution des volumes et la répartition des fournisseurs au cours des deux derniers mois de l’année demeurent inconnues.


