Accueil Dossiers Spéciaux & Décryptages Blé européen et colza : comment le Maroc ajuste ses achats

Blé européen et colza : comment le Maroc ajuste ses achats

Blé et colza européens : comment le Maroc ajuste ses achats

Le Maroc ajuste sa lecture des marchés agricoles internationaux dans un contexte de signaux contrastés sur le blé et le colza. Alors que les prix du blé européen reculent sous l’effet de la vigueur de l’euro et d’une concurrence accrue, le colza évolue à l’inverse, porté par la dynamique haussière des oléagineux à l’échelle mondiale.

Sur le marché à terme européen, le blé meunier a poursuivi son repli, atteignant un niveau bas observé de près par les importateurs marocains. L’appréciation de l’euro face à un dollar affaibli pénalise la compétitivité des origines européennes, notamment sur des marchés sensibles aux prix comme celui du Royaume. Dans le même temps, les offres agressives en provenance d’Argentine et de la région de la mer Noire accentuent la pression sur les flux à destination du Maroc.

Face à cet environnement, les acheteurs marocains adoptent une posture prudente. L’approche de la récolte nationale, attendue autour des mois de mai et juin, incite à temporiser les décisions d’achat. Les opérateurs restent attentifs aux orientations que pourraient prendre les autorités en matière d’importations au démarrage de la campagne, un facteur déterminant dans la structuration des flux céréaliers.

Parallèlement, le marché du colza évolue selon une trajectoire différente. Les prix ont progressé, soutenus par l’ensemble du complexe oléagineux. Cette tendance est alimentée notamment par la fermeté de l’huile de soja sur les marchés internationaux, dans un contexte d’anticipation d’un accord commercial entre les États Unis et l’Inde, susceptible de stimuler les échanges mondiaux d’huiles végétales.

Pour le Maroc, cette divergence entre blé et colza complique les arbitrages. Si le Royaume reste fortement exposé aux importations de blé, il suit également de près l’évolution des oléagineux, utilisés tant pour l’alimentation humaine que pour l’alimentation animale et certaines filières industrielles. La hausse du colza pourrait peser sur les coûts à l’importation, même si les volumes et les usages diffèrent de ceux du blé.

Dans ce contexte, le marché marocain apparaît comme un point d’équilibre observé avec attention par les exportateurs européens. Les décisions d’achat du Royaume, influencées à la fois par les prix internationaux, la concurrence entre origines et les perspectives de récolte locale, continuent de jouer un rôle clé dans la dynamique régionale des échanges agricoles.

À court terme, l’évolution des cours, la trajectoire des devises et les signaux liés à la campagne agricole nationale resteront déterminants. Pour le Maroc, la gestion simultanée d’un blé sous pression et d’un colza orienté à la hausse impose une stratégie d’arbitrage fine, dans un environnement mondial toujours marqué par une forte volatilité.

Quitter la version mobile