Blé : la récolte marocaine maintient la pression sur Euronext

Les perspectives favorables pour la récolte marocaine ont continué de peser sur les cours du blé européen mercredi. Le rebond observé sur Euronext est resté contenu par l’abondance attendue de l’offre au Maroc, mais aussi en Turquie et dans la région de la mer Noire.

Le contrat de blé pour livraison en décembre a gagné 1,3 %, à 231,50 € la tonne vers 16h15 GMT. Il avait auparavant reculé jusqu’à 226 €, son niveau le plus faible depuis le 15 juillet, avant d’effacer ses pertes.

La baisse initiale a accompagné le repli des cours pétroliers. Le marché a réagi aux signes d’avancée dans les négociations destinées à mettre fin au conflit iranien et à permettre une reprise normale du trafic dans le détroit d’Ormuz.

La stabilisation du pétrole a ensuite laissé place aux préoccupations entourant les exportations de céréales depuis la mer Noire. Les combats dans la région et leurs éventuelles conséquences sur les expéditions ont ramené les acheteurs sur le marché.

Une information non confirmée évoquant une fermeture des ports russes de la mer Noire pour des raisons de sécurité a momentanément accéléré la hausse. Le contrat de décembre a gagné jusqu’à 2,4 % avant de réduire son avance, les opérateurs jugeant peu probable une interruption volontaire des exportations russes.

Le marché attendait également les résultats d’un appel d’offres lancé par l’Algérie, l’un des principaux importateurs mondiaux de blé. Les risques liés au conflit entretiennent les interrogations sur la capacité des négociants à proposer des céréales russes ou ukrainiennes.

Les premières estimations faisaient état d’achats engagés par l’Office algérien interprofessionnel des céréales autour de 289 $ la tonne, transport compris. Les discussions se poursuivaient encore en séance.

La situation au Maroc contribue toutefois à limiter les tensions sur les prix. L’arrivée attendue d’une récolte abondante réduit les besoins immédiats d’importation et permet aux acheteurs nord-africains de rester en retrait. La même tendance est observée en Turquie, où la production locale renforce également la prudence des importateurs.

La demande demeure d’autant plus faible que le blé d’Europe occidentale reste nettement plus cher que les origines de la mer Noire. Le blé russe de la nouvelle récolte, affichant 11,5 % de protéines, était proposé entre 222 et 225 $ la tonne au départ des ports. Les offres roumaines se situaient entre 253 et 255 $, contre 256 à 258 $ pour le blé français.

Le blé ukrainien était évalué légèrement au-dessus de 220 $ la tonne. Ces prix restaient toutefois largement indicatifs en l’absence d’expéditions importantes depuis les principaux ports du pays.

À 16h15 GMT, le maïs coté à Paris progressait de 1,42 %, à 249,75 € la tonne. Le colza avançait de 0,87 %, à 523,25 €. À Chicago, le blé gagnait 1,21 %, tandis que le maïs reculait de 1,13 % et le soja de 0,47 %. Le pétrole WTI évoluait autour de 75,73 $, en baisse de 0,05 %, alors que l’euro progressait de 0,15 % face au dollar.

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