Le Festival Gnaoua referme sa 27e édition sur une note vibrante

Essaouira a refermé samedi soir la 27e édition du Festival Gnaoua et Musiques du Monde, au terme de trois jours où la musique a servi de passerelle entre les héritages spirituels gnaouis et les sonorités venues d’autres continents.

La ville a de nouveau attiré un public nombreux, venu partager une programmation bâtie autour de la rencontre, de l’écoute et de la fusion artistique. Fidèle à son esprit d’ouverture, le festival a mêlé les traditions anciennes du gnaoua à des rythmes portés par des artistes d’Afrique, d’Europe, d’Asie, d’Amérique et du monde arabe.

La soirée de clôture, sur la scène Moulay El Hassan, a été marquée par la présence de Maâlem Hamid El Kasri. Figure majeure de l’art gnaoui, il a offert une prestation intense, habitée par une énergie puissante et une profondeur spirituelle qui ont rapidement gagné le public. Son jeu, sa voix et son sens de la scène ont rappelé la place qu’il occupe dans le rayonnement du gnaoua au Maroc comme à l’étranger.

Le même espace a accueilli l’une des créations collectives les plus remarquées de cette édition. Maâlem Hassan Boussou a partagé la scène avec Alexandre Herichon, Mohamed Derouich, Jacques Schwarz Bart, Cheikh Ndoye, Karim Ziad et Meryem Assid. Le guembri et les qraqebs y ont dialogué avec le balafon, la batterie et les cuivres, dans une rencontre musicale portée par l’improvisation et des harmonies inattendues.

Autre moment fort, la fusion entre Hamid El Kasri et Carlinhos Brown a donné à la clôture une couleur singulière. La profondeur du chant gnaoui s’est mêlée à l’élan percussif du musicien bahianais, dans une énergie collective qui a rapproché la scène et le public. Le patrimoine marocain et les rythmes brésiliens ont trouvé là un terrain commun, vibrant et généreux.

Durant trois jours, Essaouira a confirmé son rôle de carrefour musical international. Cette édition a réuni 43 maâlems gnaouis issus de différentes régions du Royaume, aux côtés de centaines d’artistes et de musiciens étrangers. Depuis vingt sept ans, le festival construit un espace où la mémoire musicale se transmet, se transforme et s’ouvre à de nouvelles expressions.

La dimension intellectuelle et citoyenne a également occupé une place importante. Le Forum des droits humains, organisé pour sa 13e édition en partenariat avec le Conseil de la communauté marocaine à l’étranger, a été consacré à la jeunesse du monde, à ses libertés, à son identité et à son avenir. Chercheurs, écrivains, artistes, journalistes et acteurs sociaux y ont échangé autour des défis auxquels font face les nouvelles générations.

Le festival a aussi poursuivi son engagement en faveur de la transmission. Pour la troisième année consécutive, le programme Berklee at the Gnaoua and World Music Festival, mené avec le Berklee College of Music aux États Unis, a offert à de jeunes musiciens une immersion artistique et pédagogique au contact de cette tradition vivante.

Dans le même esprit, la collaboration avec l’Université Mohammed VI Polytechnique s’est poursuivie autour de la Chaire des Transitions, portée par l’Institut des Études Avancées de l’UM6P. Ce travail vise à approfondir la recherche sur la culture gnaoua, ses croisements artistiques et ses formes contemporaines, en réunissant artistes, chercheurs et institutions.

Au terme de cette édition, Essaouira a une nouvelle fois affirmé sa place de cité de dialogue et de création. Le Festival Gnaoua et Musiques du Monde y a célébré un patrimoine marocain vivant, capable de traverser les frontières tout en restant profondément enraciné dans son histoire.

L'invité du Nouvelliste Maroc

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