À quelques jours des élections législatives, la jeunesse s’impose au cœur de la campagne au Maroc. Les principales formations politiques multiplient les engagements sur l’emploi et le logement dans un contexte marqué par une faible confiance des jeunes envers les institutions et les partis.
Le Rassemblement national des indépendants et le Parti authenticité et modernité ont notamment placé l’insertion professionnelle parmi leurs priorités. Les deux formations avancent l’objectif d’environ un million d’emplois au cours de la prochaine législature. Les investissements engagés dans les infrastructures en préparation de la Coupe du monde 2030 occupent également une place importante dans leur communication électorale.
Cette attention portée aux jeunes intervient après une période de fortes tensions sociales. Les manifestations de l’année dernière et la tentative de passage massif vers Sebta en juillet ont remis au premier plan les difficultés rencontrées par une partie de cette génération, malgré les avancées économiques enregistrées dans plusieurs secteurs.
Le rapport des jeunes à la politique reste toutefois marqué par une forte défiance. Une enquête d’Afrobarometer publiée en mars 2026 montre que 37 % des Marocains âgés de 18 à 35 ans interrogés déclarent faire partiellement ou beaucoup confiance au Parlement. Cette proportion tombe à 33 % pour le chef du gouvernement, comme pour les partis de la majorité et de l’opposition. L’étude relève également une participation électorale et un engagement partisan plus faibles chez les jeunes que parmi leurs aînés.
Cette distance avec les urnes constitue l’un des principaux enjeux du scrutin. Les 18-24 ans représentent environ 12 % de la population mais seulement près de 3 % des électeurs inscrits. Certains jeunes interrogés par l’agence disent ne plus croire aux engagements formulés pendant les campagnes électorales.
Les difficultés d’accès au marché du travail pèsent également sur ce climat. Le chômage des jeunes avoisine 27 %. Une étude du Haut-Commissariat au Plan publiée en avril 2026 établit par ailleurs qu’environ un Marocain sur trois âgé de 15 à 29 ans n’est ni en emploi, ni en études, ni en formation.
Ces indicateurs contrastent avec les transformations économiques engagées ces dernières années. Le Royaume a consacré d’importants investissements aux infrastructures portuaires et ferroviaires, aux phosphates, aux énergies vertes et à l’industrie, avec l’ambition inscrite dans le Nouveau Modèle de Développement de doubler le PIB par habitant à l’horizon 2035.
À l’approche du scrutin, les partis tentent donc de replacer les préoccupations économiques et sociales de la jeunesse au premier plan. Emploi, revenu, logement et perspectives d’avenir structurent leurs propositions, avec pour enjeu de mobiliser une catégorie de la population dont une large partie reste éloignée de la participation politique.


