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Prix à la pompe : le Conseil de la concurrence pointe une asymétrie

Prix à la pompe : le Conseil de la concurrence pointe une asymétrie

La hausse des prix des carburants à la pompe au Maroc continue de suivre une logique différenciée entre le gasoil et l’essence, dans un contexte de progression soutenue des cours internationaux entre la mi-mars et le début du mois d’avril.

Le Conseil de la concurrence, qui a poursuivi ses échanges avec les opérateurs du secteur, observe que les augmentations enregistrées sur les marchés internationaux n’ont pas été intégralement répercutées sur le gasoil vendu au Maroc. Entre le 16 mars et le 1er avril, les cotations internationales du gasoil ont progressé de 2,18 dirhams par litre, alors que les prix à la pompe ont augmenté de 1,72 dirham par litre.

Cette différence traduit une répercussion partielle de la hausse, avec un taux de transmission estimé à près de 79 %. Sur l’ensemble de la période allant du 1er mars au 1er avril, le décalage cumulé atteint 1,35 dirham par litre en faveur du consommateur.

La situation apparaît différente pour l’essence. Sur la seconde quinzaine étudiée, les cotations internationales ont progressé de 1,37 dirham par litre, tandis que les prix à la pompe ont augmenté de 1,53 dirham. Une tendance déjà observée lors de la première quinzaine de mars.

Selon le Conseil de la concurrence, cette évolution peut s’expliquer par un mécanisme de compensation entre les deux produits. Les opérateurs pourraient ainsi répercuter davantage les hausses sur l’essence afin de limiter l’impact de la transmission partielle appliquée au gasoil. Cette stratégie reste toutefois limitée par le poids relativement faible de l’essence dans le chiffre d’affaires global des distributeurs, estimé à environ 13 %.

L’analyse met également en évidence une certaine uniformité dans les pratiques tarifaires des opérateurs. Le Conseil relève que les révisions de prix interviennent souvent aux mêmes dates et avec des amplitudes proches, ce qui réduit la flexibilité des ajustements et freine la concurrence.

Ce fonctionnement hérité de l’ancien système administré, où les prix étaient traditionnellement revus les 1er et 16 de chaque mois, apparaît aujourd’hui de moins en moins adapté à un marché libéralisé. Le Conseil de la concurrence appelle ainsi les opérateurs à mieux prendre en compte leurs propres réalités d’approvisionnement, leurs niveaux de stocks et leurs stratégies commerciales dans la fixation des prix.

Malgré ces constats, l’institution indique n’avoir relevé aucun comportement anticoncurrentiel sur le marché des carburants.

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